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Histoire de Charles XII, roi de Suède : avec des notes grammaticales et un vocabulaire suffisant ; à l'usage des écoles / par Voltaire
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LIVRE III.

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(les officiers ; il savait le grand art de faire subsister des armées :cnn quelques uns de ses généraux avaient appris et à bien combattre,îles e t selon le besoin, à ne combattre pas; bien plus, il avait

ugc formé une marine capable de faire tête aux Suédois dans la

;ues mer Baltique. > ,

, et Fort de tous ces avantages dus à son seul genie, et de

Hait l’absence du roi de Suède, il prit Narva d’assaut après un

siège régulier, et après avoir empêché qu’elle ne fût secourue>ta, par me r et par terre. Les soldats, maîtres de la ville, con-ne rurent au pillage; ils s’abandonnèrent aux barbaries les plusfait énormes: le czar courait de tous côtés pour arrêter le désordrerais et le massacre; il arracha lui-même des femmes des mains desigi- soldats qui les allaient égorger après les avoir violées; il fut(la même obligé de tuer de sa main quelques Moscovites qui

tnt- n’écoutaient point ses ordres. On montre encore à Narva,

int: dans l’hôtel-de-ville, la table sur laquelle il posa son épée en

fait entrant, et on s’y ressouvient des paroles qu’il adressa aux

né- citoyens qui s’y rassemblèrent: „Ce n’est point du sang des

las, habitans que cette épée est teinte, mais de celui des Mosco-

ays vîtes que j’ai répandu pour sauver vos vies.“

ses Si le czar avait toujours eu cette humanité, c’était le prè-

les, mier des hommes. Il aspirait à plus qu’à détruire des villes,qui il en fondait une alors peu loin de Narva même, au milieu

m- de ses nouvelles conquêtes; c’était la ville de Pétersbourg,

des dont il ht depuis sa résidence, et le centre du commerce: elle

ite, est située entre la Finlande et l’Ingrie, dans une île maré-cageuse, autour de laquelle la Néva se divise en plusieursille bras avant de tomber dans le golfe de Finlande: lui-même

>u- traça le plan de la ville, de la forteresse, du port, des quais

me qui l’embellissent, et des forts qui en défendent l’entrée. Cette

les île inculte et déserte, qui n’était qu’un amas de boue pendant

res le court été de ces climats, et dans l’hiver qu’un étang glacé,

[ue où l’on ne pouvait aborder par terre qu’à travers des forêts

sans route, et des marais profonds, et qui n’avait été jusqu’alorsse, que le repaire des loups et des ours, fut remplie, en 1703, de

sse plus de trois cents mille hommes, que le czar avait rassemblés

ins de ses états. Les paysans du royaume d’Astracan, et ceux qui

lus habitent les frontières de la Chine, furent transportés à Pè-re, tersbourg. Il fallut percer des forêts, faire des chemins, sécher

des marais, élever des digues, avant de jeter les fondemensnd de la ville: la nature fut forcée par-tout. Le czar s’obstina

:o- à peupler un pays qui semblait n’être pas destiné pour des

de hommes: ni les inondations qui rainèrent ses ouvrages, ni la

ns stérilité du terrain, ni l’ignorance des ouvriers, ni la mortalité