LIYRK III.
67
mette de ne jamais songer à remonter sur le trône, môme après lamort de Stanislas.
II. ftu’ii rcnouce à tous autres traités, et particulièrement à ceuxqu’il a faits avec la Moscovie.
III. Qu’il renvoie avec l’honneur en mon camp les princes So-biesky, et tous les prisonniers qu’il a pu faire.
IV. Qu’il me livre tous les déserteurs qui ont passé à son ser-vice, et nommément Jean Patkul, et qu’il cesse toute procédure contreceux qui de sou service out passé dans le mien.
Il donna ce papier an comte Piper, le chargeant de né-gocier le reste avec les plénipotentiaires du roi Auguste. Ilsfurent épouvantés de la dureté de ces propositions: ils mirenten usage le peu d’art qu’on peut employer quand on est sanspouvoir, pour tâcher de fléchir la rigueur du roi de Suède.Ils eurent plusieurs conférences avec le comte Piper: ce mi-nistre ne répondit autre chose à toutes leurs insinuations sinon,„Telle est la volonté du roi mon maître; il ne change jamaisses résolutions.“
Tandis que cette paix se négociait sourdement en Saxe,la fortune sembla mettre le roi Auguste en état d’en obtenirune plus honorable, et de traiter avec son vainqueur sur unpied plus égal.
Le prince Menzikoff, généralissime des armées moscovites,vint avec trente mille hommes le trouver en Pologne, dans letemps que non seulement il ne souhaitait plus ses secours,mais que même il les craignait; il avait avec lui quelquestroupes polonaises et saxonnes, qui faisaient en tout six millehommes. Environné avec ce petit corps de l’armée du princeMenzikoff, il avait tout à redouter en cas qu’on découvrît sanégociation: il se voyait en même temps détrôné par son en-nemi, et en danger d’être arrêté prisonnier par son allié. Danscette circonstance délicate, l’armée se trouva en présence d’undes généraux suédois, nommé Meyerfeld, qui était à la tête dedix mille hommes à Calish, près du palatinat de Posnanie.Le prince Menzikoff pressa le roi Auguste de donner bataille.Le roi très embarrassé différa sous divers prétextes; car quoiqueles ennemis fussent trois fois moins forts que lui, il y avaitquatre mille Suédois dans l’armée de Meyerfeld, et c’en étaitassez pour rendre l’évènement douteux. Donner bataille auxSuédois pendant les négociations, et la perdre, c’était creuserl’abîme où il était. Il prit le parti d’envoyer nn homme deconfiance au général ennemi, pour lui donner part du secret