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HISTOIRE DE CHARLES XII.
gérait fait tirer pour lui mille fois. S’il avait été coupabled’un tel crime, ce ne pouvait être que pour servir quelquepuissance qui l’en aurait sans cloute bien récompensé; il estmort très pauvre en France, et même il a eu besoin du se-cours de ses amis. Si ces raisons ne suffisent pas, que l’onconsidère que la balle qui frappa Charles XII ne pouvait en-trer dans un pistolet, et que Siquier n’aurait pu faire ce coupdétestable qu’avec un pistolet caché sous son habit.
Après la mort du roi on leva le siège de Fréderickshall ;tout changea dans un moment: les Suédois, plus accablésque flattés de la gloire de leur prince, ne songèrent qu’à fairela paix avec leurs ennemis, et à réprimer chez eux la puis-sance absolue dont le baron de Gortz leur avait fait éprou-ver l’excès. Les états élurent librement pour leur reine laprincesse soeur de Charles XII, et l’obligèrent solennellementde renoncer à tout droit héréditaire sur la couronne, afinqu’ elle ne la tînt que des suffrages de la nation: elle promitpar des sermens réitérés qu’elle ne tenterait jamais de réta-blir le pouvoir arbitraire; elle sacrifia depuis la jalousie de laroyauté à la tendresse conjugale, en cédant la couronne àson mari, et elle engagea les états à élire ce prince, quimonta sur le trône aux mêmes conditions qu’elle.
Le baron de Gortz, arrêté immédiatement après la mortde Charles, fut condamné par le sénat de Stockholm à avoirla tête tranchée au pied de la potence de la ville; exemplede vengeance peut-être encore plus que de justice, et affrontcruel à la mémoire d’un roi que la Suède admire encore.
On garde à Stockholm le chapeau de Charles XII ; et lapetitesse du trou dont il est percé est une des raisons de ceuxqui veulent croire qu’il périt par un assassinat.