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Tome premier.
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ROMANCES.

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selon que ces deux circonstances sont diverses, il a été droitaux mouvements de l’àme dont la nature ne change point.Il a montré quelles passions la tragédie doit exciter danscelle de ses auditeurs; il a cherché quelles conditions sontnécessaires, et aux personnes qu’on introduit, et aux évé-nements qu’on représente, pour les y faire naître; il en alaissé des moyens qui auraient produit leur effet partoutdès la création du monde, et qui seront capables de le pro-duire encore partout, tant qu’il y aura des théâtres et desacteurs ; et pour le reste, que les lieux et les temps peu-vent changer, il l’a négligé, et n’a pas même prescrit lenombre des actes, qui n’a été réglé que par Horace beau-coup après lui.

Et certes, je serais le premier qui condamnerais le Cid,s’il péchait contre ces grandes et souveraines maximes quenous tenons de ce philosophe; mais, bien loin d’en de-meurer d’accord, j’ose dire que cet heureux poème n’a siextraordinairement réussi que parce qu’on y voit les deuxmaltresses conditions ( permettez - moi cette épithète ) quedemande ce grand maître aux excellentes tragédies, et quise trouvent si rarement assemblées dans un même ouvrage,qu’un des plus doctes commentateurs de ce divin traitéqu’il en a fait soutient que toute l’antiquité ne les a vuesse rencontrer que dans le seul Œdipe. La première est quecelui qui souffre et est persécuté ne soit ni tout méchant nitout vertueux, mais un homme plus vertueux que mé-chant, qui, par quelque trait de faiblesse humaine qui nesoit pas un crime, tombe dans un malheur qu’il ne méritepas : l’autre, que la persécution et le péril ne viennentpoint d’un ennemi, ni d’un indifférent, mais d’une per-sonne qui doive aimer celui qui souffre et en être aimée.Et voilà, pour en parler pleinement, la véritable et seulecause de tout le succès du Cid, en qui l’on ne peut mécon-naître ces deux conditions, sans s’aveugler soi-même pourlui faire injustice. J’achève donc en m’acquittant de maparole; et après vous avoir dit en passant ces deux motspour le Cid du théâtre, je vous donne, en faveur de laChimène de l’histoire, les deux romances que je vous aipromises.

ROMANCE PRIMER O.

Delante el rey de LeonDona Ximena una tardeSe pone â pedir justiciaPor la muerte de su padre,

Para contra el Cid la pide,

Don Rodrigo de Bivare,

Que huerfana la dexô,

Nina, y de muy poca edade.

Si tengo razon, o non,

Bien, rey, lo alcanzas y sabes,Que los negocios de honraNo pueden disimularse.

Cada dia que amaneceVeo al lobo de mi sangreCaballero en un caballoPor darme mayor pesare.Mandale, buen rey, pues puedesQue no me ronde mi calle,

Que no se venga en mugeresEl hombre que mucho vale.

Si mi padre afrento al suyo,Bien ha vengadô à ru padre,

Que si honras pagaron muertes,Para su disculpa basten.Encomendada me tienes,

No consientas que me agravien,Que el que a mi se iiziere,

A tu corona se faze.

Calledes, doua Ximena,

Que me dades pena grande,

Que yo dare buen remedioPara todos vuestros mates.

Al Cid no 1e he de ofender,

Que es hombre que mucho vale

Y me detiende mis reynos,

Y quiero que me los guarde.Pero yo taré un partidoCon el, que no os este maie,

De tomalle la palabra

Para que con vos se case.Contenta quedô Ximena,

Con la merced que le faze,

Que quien huerfana la tizôAquesse mismo la ampare.

ROMANCE SEGUNDO.

A Ximena y â RodrigoPrendiô el rey palabra, y mano,De juntarlos para en unoEn presencia de Layn Calvo.

Las enemistades viejasCon amor se conformaron,

Que donde présidé el amorSe olvidan muchos agravios.

Llegaron juntos los novios,

Y al dar la mano, y abraco,El Cid mirando â la novia,

Le dixô todo turbado :

Maté a tu padre, Ximena,Pero no â desaguisado,Matéle de hombre â hombre,Para vengar cierto agravio.Maté hombre, y hombre doy,Aqui estoy â tu mandado,

Y en lugar del muerto padreCobraste un marido honrado.A todos pareciô bien,

Su discrecion alabaron,

Y assi se hizieron las bodasDe Rodrigo el Castellano.