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Tome premier.
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LA SUITE DU MENTEUR, ACTE IV, SCÈNE V.

Je serais plus sévère, et tiens qu’ajuste titreVous lui pouvez tantôt en faire un bon chapitre.

MÉLISSE.

Ne querellons personne ; et puisque tout va bien,

De crainte d’avoir pis, ne nous plaignons de rien.

LYSE.

Que vous avez de peur que le marché n’échappe !

MÉLISSE.

Avec tant de façons que veux-tu que j’attrape?

Je possède son cœur, je ne veux rien de plus,

Et je perdrais le temps en débats surperflus.Quelquefois en amour trop de finesse abuse.S’excusera-t-il mieux que mon feu ne l’excuse ?Allons, allons l’attendre; et, sans en murmurer,

Ne pensons qu’aux moyens de nous en assurer.

LYSE.

Vous ferez-vous connaître?

MÉLISSE.

Oui, s’il sait de mon frèreCe que jusqu’à présent j’avais voulu lui taire ;

Sinon, quand il viendra prendre son logement,

Il se verra surpris plus agréablement ».

SCÈNE IV.

DORANTE, PHILISTE, CLITON.

DOBANTE.

Me reconduire encor ! cette cérémonieD’entre les vrais amis devrait être bannie.

PHILISTE.

Jusques en Bellecour je vous ai reconduit,

Pour voir une maîtresse en faveur de la nuit.

Le temps est assez doux, et je la vois paraîtreEu de semblables nuits souvent à la fenêtre :J’attendrai le hasard un moment en ce lieu,

Et vous laisse aller voir votre lingère. Adieu.

DORANTE.

Que je vous laisse ici, de nuit, sans compagnie!

PHILISTE.

C’est faire à votre tour trop de cérémonie.

Peut-être qu’à Paris j’aurais besoin de vous ;

Mais je ne crains ici ni rivaux, ni filous.

DOBANTE.

Ami, pour des rivaux, chaque jour en fait naître ;Vous en pouvez avoir, et ne les pas connaître :

Ce n’est pas que je veuille entrer dans vos secrets ;Mais nous nous tiendrons loin en confidents discrets.J’ai du loisir assez.

PHILISTE.

Si l’heure ne vous presse

Vous saurez mon secret touchant cette maîtresse;

1 Cette scène augmente l’ennui. (V.)

Elle demeure, ami, dans ce grand pavillon.cliton, bas.

Tout se prépare mal, à cet échantillon.

DOBANTE.

Est-ce où je pense voir un linge qui voltige ?

PHILISTE.

Justement.

DOBANTE.

Elle est belle?

PHILISTE.

Assez.

DOBANTE.

Et vous oblige ?

PHILISTE.

Je ne saurais encor, s’il faut tout avouer,

Ni m’en plaindre beaucoup, ni beaucoup m’en louer ;Son accueil n’est pour moi ni trop doux, ni trop rude :Il est et sans faveur, et sans ingratitude,

Et je la vois toujours dedans un certain pointQui ne me chasse pas, et ne l’engage point.

Mais je me trompe fort, ou sa fenêtre s’ouvre.

DOBANTE.

Je me trompe moi-même, ou quelqu’un s’y découvre.

PHILISTE.

J’avance; approchez-vous, mais sans suivre mes pas.Et prenez un détour qui ne vous montre pas :

Vous jugerez quel fruit je puis espérer d’elle.

Pour Cliton, il peut faire ici la sentinelle.dorante , parlant à Cliton, après que Philistes’est éloigné.

Que me vient-il de dire ? et qu’est-ce que je voi ?Cliton, sans doute il aime en même lieu que moi.

O ciel ! que mon bonheur est de peu de durée !

CLITON.

S’il prend l’occasion qui vous est préparée ,

Vous pouvez disputer avec votre valetA qui mieux de vous deux gardera le mulet '.

DOBANTE.

Que de confusion et de trouble en mon âme !

CLITON.

Allez prêter l’oreille aux discours de la dame ;

Au bruit que je ferai prenez bien votre temps,

Et nous lui donnerons de jolis passe-temps ».

( Dorante va auprès de Philiste. )

SCENE V.

MÉLISSE, LYSE, à la fenêtre; PHILISTE,DORANTE, CLITON.

MÉLISSE.

Est-ce vous ?

1 Garder le mulet, attendre à une porte avec impatiences’ennuyer à attendre.

2 Tout est manqué. (Y.)