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ANDROMÈDE, ACTE II, SCÈNE III.
Il n’est point de cœur si fidèle.
De mille appas son visage seméLa rend une merveille :
Mais quoiqu’elle soit sans pareille,
Phinée est encore plus aimé.
Bien que le juste ciel fasse voir que sans crimeOn la préfère aux nymphes de la mer,
Ce n’est que de savoir aimerQu’elle-même veut qu’on l’estime ;
Chacun, d’amour pour elle consumé,
D’un cœur lui fait un temple :
Mais quoiqu’elle soit sans exemple,
Phinée est encor plus aimé.
Enfin, si ses beaux yeux passent pour un miracleC’est un miracle aussi que son amour,
Pour qui Vénus en ce beau jourA prononcé ce digne oracle :
Le ciel lui-même, en la voyant, charmé,
La juge incomparable ;
Mais, quoiqu’il l’ait faite adorable,
Phinée est encor plus aimé.
(Cet air chanté, le page de Phinée et cette nymphe fontun dialogue en musique, dont chaque couplet a pourrefrain l’oracle que Vénus a prononcé au premier acteen faveur de ces deux amants, chanté par les deux voixunies, et répété par le chœur entier de la musique. )
LE PAGE.
Heureux amant 1
LIRIOPE.
Heureuse amante !
LE PAGE.
Ils n’ont qu’une âme.
LIRIOPE.
Ils n’ont tous d’eux qu’un cœur.
LE PAGE.
Joignons nos voix pour chanter leur bonheur.
LIRIOPE.
Joignons nos voix pour bénir leur attente.
LE PAGE ET LIRIOPE.
Andromède ce soir aura l’illustre époux
Qui seul est digne d’elle, et dont seule elle est digne.
Préparons son hymen, où, pour faveur insigne,
Les dieux ont résolu de se joindre avec nous.
CHOEUR.
Préparons son hymen, où, pour faveur insigne,
Les dieux ont résolu de se joindre avec nous.
LE PAGE.
Le ciel le veut.
LIRIOPE.
Vénus l’ordonne.
LE PAGE.
L’amour les joint.
LIRIOPE.
L’hymen va les unir.
LE PAGE.
Douce union que chacun doit bénir !
LIRIOPE.
Heureuse amour qu’un tel succès couronne !
LE PAGE ET LIRIOPE.
Andromède ce soir aura l’illustre époux
Qui seul est digne d’elle, et dont seule elle est digne.
Préparons son hymen, où, pour faveur insigne ,
Les dieux ont résolu de se joindre avec nous.
CHŒUR.
Préparons son hymen, où, pour faveur insigne,
Les dieux ont résolu de se joindre avec nous.
ANDROMÈDE.
Il n’en faut point mentir, leur accord m’a surprise.
PHINÉE.
Madame, c’est ainsi que tout me favorise,
Et que tous vos sujets soupirent en ces lieuxAprès l’heureux effet de cet arrêt des dieux,
Que leurs souhaits unis x ...
SCÈNE III.
PHINÉE, ANDROMÈDE, TIMANTE, un PAGE,
CHŒUR DE NYMPHES, SUITE DE PHINÉE.TIMANTE.
Ah, seigneur ! ah, madame !
PHINÉE.
Que nous veux-tu, Timante, et qui trouble ton âme ?
TIMANTE.
Le pire des malheurs.
PHINÉE.
Le roi serait-il mort ?
TIMANTE.
Non, seigneur ; mais enfin le triste choix du sortVient de tomber.... Hélas! pourrai-je vous le dire?
ANDROMÈDE.
Est-ce sur quelque objet pour qui ton cœur soupire ?
TIMANTE.
Soupirer à vos yeux du pire de ses coups,
1 Voici une de ces choses étranges que j’ai promis de remar-quer ; ce sont ces scènes de galanterie bourgeoise, aussi éloi-gnées de la dignité de la tragédie que des grâces de l’opéra;c’est cette Andromède qui demande à ses tilles d’honneur la-quelle est amoureuse de Persée : c’est ce page qui chante unechanson insipide ; c’est Andromède qui rend sérénade pour sé-rénade; c’est : Approchez, Liriope, et rendez-lui son change,etc. Il semble que tout cela ait été fait pour la noce d’un bourgeois de la rue Thibautodé. Mais que l’on considère que lesFrançais n’avaient aucun modèle dans ce genre ; nous n'avonsrien de supportable avant Quinault dans le lyrique. (V.)