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Tome premier.
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DON SANCHE, ACTE V, SCÈNE IV.

Tâchez d’approfondir ce dangereux mystère.Carlos a tant de lieu de vous considérer,

Que, s’il devient mon roi, vous devez espérer.

D. ALVAR.

Madame...

V. ELVIBE.

En ma faveur donnez-vous cette peine,Et me laissez, de grâce, entretenir la reine.

D. ALVAR.

J’obéis avec joie, et ferai mon pouvoirA vous dire bientôt ce qui s’en peut savoir.

SCÈNE IL

D. LÉONOR, D. ELVIRE.

D. LÉONOR.

Don Alvar me fuit-il ?

D. ELVIRE.

Madame, à ma prière,

11 va dans tous ces bruits chercher quelque lumière.J’ai craint, en vous voyant, un secours pour ses feux,Et de défendre mal mon cœur contre vous deux.

D. LÉONOR.

Ne pourra-t-il jamais gagner votre courage ?

D. ELVIRE.

Il peut tout obtenir, ayant votre suffrage.

D. LÉONOR.

Je lui puis donc enfin promettre votre foi ?

D. ELVIRE.

Oui, si vous lui gagnez celui du nouveau roi.

D. LÉONOR.

Et si ce bruit est faux, si vous demeurez reine ?

D. ELVIRE.

Que vous puis-je répondre, en étant incertaine?

D. LÉONOR.

En cette incertitude on peut faire espérer.

D. ELVIRE.

On peut attendre aussi pour en délibérer :

On agit autrement quand le pouvoir suprême...

SCÈNE III.

D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE.

d. Isabelle. [même;

J’interromps vos secrets, mais j’y prends part moi-Et j’ai tant d’intérêt de connaître ce fils,

Que j’ose demander ce qui s’en est appris.

D. LÉONOR.

Vous ne m’en voyez point davantage éclaircie.

D. ISABELLE.

Mais de qui tenez-vous la mort de don Garcie,

Vu que, depuis un mois qu’il vient des députés,

On parlait seulement de peuples révoltés ?

1). LÉONOR.

Je vous puis sur ce point aisément satisfaire ;

Leurs gens m’en ont donné la raison assez claire.

On assiégeait encor, alors qu’ils sont partis,Dedans leur dernier fort don Garcie et son fils :

On l’a pris tôt après : et soudain par sa priseDon Raimond prisonnier recouvrant sa franchise,Les voyant tous deux morts, publie à haute voixQue nous avions un roi du vrai sang de nos rois,Que don Sanche vivait, et part en diligencePour rendre à l’Aragon le bien de sa présence :

Il joint nos députés, hier, sur la fin du jour,

Et leur dit que ce prince était en votre cour.

C’est tout ce que j’ai pu tirer d’un domestique :Outre qu’avec ces gens rarement on s’explique,Comme ils entendent mal, leur rapport est confus :Mais bientôt don Raimond vous dira le surplus.Que nous veut cependant Blanche tout étonnée?

SCÈNE IV.

D. ISABELLE, D. LÉONOR, D. ELVIRE,BLANCHE.

BLANCHE.

Ah ! madame !

D. ISABELLE.

Qu’as-tu?

BLANCHE.

La funeste journée 1

Votre Carlos...

D. ISABELLE.

Eh bien?

BLANCHE.

Son père est en ces lieux,

Et n’est...

D. ISABELLE.

Quoi ?

BLANCHE.

Qu’un pêcheur.

D. ISABELLE.

Qui te l’a dit?

BLANCHE.

D. ISABELLE.

Mes yeux.

Tes yeux!

BLANCHE.

Mes propres yeux.

D. ISABELLE.

Que j’ai peine à les croire !

D. LEONOR.

Voudriez-vous, madame, en apprendre l’histoire?

D. ELVIRE.

Que le ciel est injuste!