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Tome second.
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144 OTHON, ACTE

Mais quant à cet époux, vous me ferez plaisirDe trouver bon qu’enfin je puisse le choisir.

Je m’aime un peu moi-même, et n’ai pas grande envieDe vous sacrifier le repos de ma vie.

MABTIAN.

Puisqu’il doit avec vous régir tout l’univers...

CAMILLE.

Faut-il vous dire encor que j’ai des yeux ouverts?

Je vois jusqu’en vos cœurs, et m’obstine à me taire;Mais je pourrais enfin dévoiler le mystère.

MARTI AN.

Si l’empereur nous croit...

CAMILLE.

Sans doute il vous croira ;Sans doute je prendrai l’époux qu’il m’offrira,

Soit qu’il plaise à mes yeux, soit qu’il me choque enIl sera votre maître, et je sérai sa femme; [l’âme.Le temps me donnera sur lui quelque pouvoir,

Et vous pourrez alors vous en apercevoir.

Voilà les quatre mots que j’avais à vous dire,Pensez-y.

SCÈNE VI.

LACUS, MARTI AN.

MABTIAN.

Ce courroux que Pison nous attire...LACUS.

Vous vous en alarmez? Laissons-la discourir,

Et ne nous perdons pas de crainte de périr.

MABTIAN.

Vous voyez quel orgueil contre nous l’intéresse.LACUS.

Plus elle m’en fait voir, plus je vois sa faiblesse.Faisons régner Pison; et, malgré ce courroux,

Vous verrez qu’elle-même aura besoin de nous.

ACTE TROISIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE'.

CAMILLE, ALBIANE.

CAMILLE.

Ton frère te l’a dit, Albiane?

1 L’intrigue n’est pas ici plus intéressante et plus tragiquequ’auparavant. Cette conlidonle, qui apprend h sa maitressequ’elle va être femme de Pison, et que son amant Otlion serasacrilié, pourrait émouvoir lé spectateur, si le péril d’Othon

III, SCÈNE, I.

ALBIANE.

Oui, madame ;

Galba choisit Pison, et vous êtes sa femme,

Ou, pour en mieux parler, l’esclave de Lacus,

A moins d’un éclatant et généreux refus.

CAMILLE.

Et que devient Othon ?

ALBIANE.

Vous allez voir sa têteDe vos trois ennemis affermir la conquête;

Je veux dire assurer votre main à Pison,

Et l’empire aux tyrans qui font régner son nom.

Car, confine il n’a pour lui qu’une suite d’ancêtres,Lacus et Martian vont être nos vrais maîtres;

Et Pison ne sera qu’un idole sacré 1Qu’ils tiendront sur l’autel pour répondre à leur gré.Sa probité stupide autant comme faroucheA prononcer leurs lois asservira sa bouche;

Et le premier arrêt qu’ils lui feront donnerLes défera d’Othon qui les peut détrôner.

CAMILLE.

O dieux ! que je le plains !

ALBIANE.

Il est sans doute à plaindre,Si vous l’abandonnez à tout ce qu’il doit craindre ;Mais comme enfin la mort finira son ennui,

Je crains fort de vous voir plus à plaindre que lui.

CAMILLE.

L’hymen sur un époux donne quelque puissance.

ALBIANE.

Octavie a péri sur cette confiance.

Son sang qui fume encor vous montre à quel destinPeut exposer vos jours un nouveau Tigellin. [ble;Ce grand choix vous en donne à craindre deux enseni-Et pour moi, plus j’y songe, et plus pour vous je tremble.

était bien certain : mais qui a (lit à cette confidente qu’un jourPison, étant César se déferait d’Otbon? Premièrement, Ca-mille devrait apprendre son mariage de la bouche de l’empe-reur, et non de celle d’une confidente; et ce serait du moinsune espèce de situation, une petite surprise, quelque chose deressemblant à un coup de thé&lre, si Camille, espérant d’obte-nir Othon de l’empereur, recevait inopinément de la bouchede l’empereur l’ordre d’en épouser un autre. Secondement, delongs discours d’une suivante, qui dit que les princesses doi-vent faire les avances, jetteraient du froid sur le rôle de Phè-dre, et sur les tragédies d’Andromaquc et d’Iphigénie. Troi-sièmement , s’il y a quelque chose d’aussi comique et d’aussiinsipide qu’une suivante qui dit, c’est la gêne où réduit cellesde voire sorte.... Si je n’avais fait enhardir votre amant, üne vous aurait pas parlé, etc. ; c’est une princesse qui répond •'Tu le crois donc qu'il m’aime ? Le lecteur sent assez qu’undevoir qui passe du côté de l’amour... se faire en la cour unaccès pour un plus digne amour; en un mot, tout ce dialo-gue n’est pas ce qu’on doit attendre dans une tragédie. (V.)

' Idole, depuis Corneille, a cliaugé de genre, et n’est plusque du féminin. (P.)