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Tome second.
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ATTILA, ACTE I, SCÈNE V.

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Régnez comme Attila, je vous préfère à lui ;

Mais point d’époux qui n’ose en dédaigner l’appui,Point d’époux qui m’abaisse au rang de ses sujettes.Enfin, je veux un roi : regardez si vous l’êtes-,

Et quoi que sur mon cœur vous ayez d’ascendant,Sachez qu’il n’aimera qu’un prince indépendant.Voyez à quoi, seigneur, on connaît les monarques :Ne m’offrez plus de vœux qui n’en portent les mar-Et soyez satisfait qu’on vous daigne assurer [ques -,Qu’à tous les rois ce cœur voudrait vous préférer.

Et ne sais toutefois ce qu’il faut que j’espère.

Voyez votre lldione; et puissiez-vous, seigneur,Y trouver plus de jour à lire dans son cœur,

Une âme plus tournée à remplir votre attente,

Un esprit plus facile. Octar sort de sa tente.

Adieu.

SCÈNE V.

ARDARIC, OCTAR.

SCÈNE III.

VALAM1R, FLAVIE.

VALAMIB. '

Quelle hauteur, Flavie, et que faut-il qu’espèreEn roi dont tous les vœux...

FLAVIE.

Seigneur, laissez-la faire;E’amour sera le maître; et la même hauteurQui vous dispute ici l’empire de son cœur,

Vous donne en même temps le secours de la haineEour triompher bientôt de la fierté romaine.

E’orgueil qui vous dédaigne en dépit de ses feuxfait haïr Attila de se promettre à deux.

Non que cette fierté n’en soit assez jalouse'Pour ne pouvoir souffrir qu’Ildione l’épouse.

A son frère, à ses Francs faites-la renvoyer;

Vous verrez tout ce cœur soudain se déployer,

Suivre ce qui lui plaît, braver ce qui l’irrite,

Et livrer hautement la victoire au mérite.

Ne vous rebutez point d’un peu d’emportement ;Quelqu e f 0 i s malgré nous il vient un bon moment.

E amour fait des heureux lorsque moins on y pense ;Et je ne vous dis rien sans beaucoup d’apparence.Ardaric vous apporte un entretien plus doux.

Adieu. Comme le cœur le temps sera pour vous.

SCÈNE IV.

Qu

ARDARIC, VALAMIR.

AED ABIC.

avez- vous obtenu, seigneur, de la princesse?

VALAMIB.

eaucoup, et rien. J’ai vu pour moi quelque tendresse ;a ' s elle sait d’ailleurs si bien ce qu’elle vaut,

Q. u a si celle des Francs a le cœur aussi haut,c es t à même prix, seigneur, qu’elle se donne,

°us lui pourrez longtemps offrir votre couronne.

°n rival est haï, je n’en saurais douter ;

. ° ut le cœur est à moi, j’ai lieu de m’en vanter;teste des mortels je sais qu’on me préfère,

ABDABIC.

Pourrai-je voir la princesse à mon tour?

OCTAB.

Non, à moins qu’il vous plaise attendre son retour ;Mais, à ce que ses gens, seigneur, m’ont fait entendre,Vous n’avez en ce lieu qu’un moment à l’attendre.

ABDABIC.

Dites-moi cependant : vous fûtes prisonnier

Du roi des Francs, son frère, en ce combat dernier?

OCTAB.

Le désordre, seigneur, des champs catalauniqucsMe donna peu de part aux disgrâces publiques.

Si j’y fus prisonnier de ce roi généreux,

Il me fit dans sa cour un sort assez heureux :

Ma prison y fut libre; et j’y trouvai sans cesseUne bonté si rare au cœur de la princesse,

Que de retour ici je pense lui devoir

Les plus sacrés respects qu’un sujet puisse avoir.

ABDABIC.

Qu’un monarque est heureux lorsque le ciel lui donneLa main d’une si belle et si rare personne !

OCTAB.

Vous savez toutefois qu’Attila ne l’est pas,

Et combien son trop d’heur lui cause d’embarras.

ABDABIC.

Ah! puisqu’il a des veux, sans doute il la préfère.Mais vous vous louez fort aussi du roi son frère;

Ne me déguisez rien. A-t-il des qualitésA se faire admirer ainsi de tous côtés ?

Est-ce une vérité que ce que j’entends dire,

Ou si c’est sans raison que l’univers l’admire?

OCTAB.

Je ne sais pas, seigneur, ce qu’on vous en a dit;

Mais si pour l’admirer ce que j’ai vu suffit,

Je l’ai vu dans la paix, je l’ai vu dans la guerrePorter partout un front de maître de la terre.

J’ai vu plus d’une fois de Hères nationsDésarmer son courroux par leurs soumissions.

J’ai vu tous les plaisirs de son âme héroïque

1 Cet éloge de Louis XIV et de son fils ( car c’est à eux queCorneille faisait allusion dans ces vers) avaitprécédé les prolo-gues adulateurs de Quinault, et servi d’exemple à tous les poètesdu temps, qui ne manquèrent pas de l’imiter. (P.)

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