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Tome second.
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SURÉNA, ACTE

"lieux en notre faveur tourner sa déférence ;

Et ce que je prévois me fait assez souffrir,

Sans y joindre les vœux qu’il cherche à vous offrir.

SCÈNE III.

PACORUS , EURYDICE , ORMÈNE.

EURYDICE. [tes?

Est-ce pour moi, seigneur, qu’on fait garde à vos por-Eour assurer ma fuite, ai-je ici des escortes ?

Ou si ce grand hymen, pour ses derniers apprêts...

PACORUS.

"ladame, ainsi que vous, chacun à ses secrets.

Ceux que vous honorez de votre confidenceObservent par votre ordre un généreux silence.

Ee roi suit votre exemple; et, si c’est vous gêner,Oonime nous devinons, vous pouvez deviner.

EURYDICE.

Qui devine est souvent sujet à se méprendre. .

PACORUS.

Si i

Pi

Si11

je devine mal, je sais à qui m’en prendre;u comme votre amour n’est que trop évident,

Je n’en sais l’objet, j’en sais le confident,est le plus coupable : un amant peut se taire ;[Jais d’un sujet au roi, c’est crime qu’un mystère.VUi connaît un obstacle au bonheur de l’État,ant qu’il le tient caché, commet un attentat.

Ainsi

Eu

ce confident... Vous m’entendez, madame;

S’il aEt

Ce ?

Je vois dans les yeux ce qui se passe en Mme.

EURYDICE.

ma confidence, il a mon amitié ;

Je lui dois, seigneur, du moins quelque pitié.

PACORUS.

sentiment est juste, et même je veux croireUn cœur comme le vôtre a droit d’en faire gloire ;a 's ce trouble, madame, et cette émotionont-ils rien de plus fort que la compassion?

1 fiuand de ses périls l’ombre vous intéresse,

S u Une pitié si prompte en sa faveur vous presse,n si cher confident ne fait-il point doutere * amant ou de lui qui les peut exciter?

q EURYDICE.

V 1 ''nporte ? et quel besoin de les confondre ensemble,Uand ce n’est que pour vous, après tout, queje trem-q . pacorus. [ble?

p. ai • v °us me menacez vous-même à votre tour !es emportements de votre aveugle amour...

[pense :

EURY'DICE.

•le m*

p_ importe et m’aveugle un peu moins qu’on ne

Mur

Seigi

avouer vous-même, entrons en confidence.

:| gneur, je vous regarde en qualité d’époux ;y. main ne saurait être et ne sera qu’à vous ;

Rè.s Vœux sont déjà, tout mon cœur y veut être ;( l Ue je le pourrai, je vous en ferai maître ;

IV, SCÈNE 111. 275

Et si pour s’y réduire il me fait différer,

Cet amant si chéri n’en peut rien espérer.

Je ne serai qu’à vous, qui que ce soit que j’aime,

A moins qu’à vous quitter vous m’obligiez vous-même :Mais s’il faut que le temps m’apprenne à vous aimer,Il ne me l’apprendra qu’à force d’estimer;

Et si vous me forcez à perdre cette estime,

Si votre impatience ose aller jusqu’au crime...

Vous m’entendez, seigneur, et c’est vous dire assezD’où me viennent pour vous ces vœux intéressés.

J’ai part à votre gloire, et je tremble pour elleQue vous ne la souilliez d’une tache éternelle ,

Que le barbare éclat d’un indigne soupçonNe fasse à l’univers détester votre nom,

Et que vous ne veuilliez sortir d’inquiétudePar une épouvantable et noire ingratitude.Pourrais-je après cela vous conserver ma foiComme si vous étiez encor digne de moi,

Recevoir sans horreur l’offre d’une couronneToute fumante encor du sang qui vous la donne,

Et m’exposer en proie aux fureurs des Romains ,Quand pour les repousser vous n’aurez poi nt de mains ?Si Crassus est défait, Rome n’est pas détruite ;D’autres ont ramassé les débris de sa fuite ;

De nouveaux escadrons leur vont enfler le cœur;

Et vous avez besoin encor de son vainqueur.

Voilà ce. que pour vous craint une destinéeQui se doit bientôt voir à la vôtre enchaînée,

Et deviendrait infâme à se vouloir unirQu’à des rois dont on puisse aimer le souvenir.

PACORUS.

Tout ce que vous craignez est en votre puissance,Madame ; il ne vous faut qu’un peu d’obéissance,Qu’exécuter demain ce qu’un père a promis :L’amant, le confident, n’auront plus d’ennemis.C’est de quoi tout mon cœur, de nouveau, vous con-Par les tendres respects d’une flamme si pure, [jure,Ces assidus respects, qui sans cesse bravés,

Ne peuvent obtenir ce que vous me devez,

Par tout ce qu’a de rude un orgueil inflexible ,

Par tous les maux que souffre...

EURYDICE.

Et moi, suis-je insensible?Livre-t-on à mon cœur de moins rudes combats?Seigneur, je suis aimée, et vous ne l’êtes pas.

Mon devoir vous prépare un assuré remède,

Quand il n’en peut souffrir au mal qui me possède;

Et pour finir le vôtre, il ne veut qu’un moment,Quand il faut que le mien dure éternellement.

PACORUS.

Ce moment quelquefois est difficile a prendre,Madame ; et si le roi se lasse de l’attendre,

Pour venger le mépris de son autorité,

Songez à ce que peut un monarque irrité.

18 .