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Tome second.
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PSYCHÉ, ACTE V, SCÈNE V.

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PSYCHE.

Que je les plains!

CLÉOMÈNE.

Vous êtes seule à plaindre.

"lais nous demeurons trop à vous entretenir :

Adieu Puissions-nous vivre en votre souvenir !

Pu'

fissiez-vous, et bientôt, n’avoir plus rien à craindre ;Uls se, et bientôt, l’Amour vous enlever aux deux,Vous y mettre à côté des dieux,

4,1 > rallumant un feu qui ne se puisse éteindre,Affranchir à jamais l’éclat de vos beaux yeuxD’augmenter le jour en ces lieux !

SCÈNE III.

PSYCHÉ.

Pauvres amants! Leur amour dure encore!

Tout morts qu’ils sont, l’un et l’autre m’adore,

, dont la dureté reçut si mal leurs vœux !ü n’en fais pas ainsi, toi, qui seul m’as ravie,Al Oant que j’aime encor cent fois plus que ma vie,Et qui brises de si beaux nœuds !

-Ne me fuis plus, et souffre que j’espèreJ™ tu pourras un jour rabaisser l’œil sur moi,

VU a force de souffrir j’aurai de quoi te plaire,

De quoi me rengager ta foi.ais ce que j’ai souffert m’a trop défiguréePour rappeler un tel espoir ;

E œil abattu, triste, désespérée,

Languissante et décolorée,g. De quoi puis-je ine prévaloir,

^Par quelque miracle, impossible à prévoir,a beauté qui t’a plu ne se voit réparée ?

Je Porte ici de quoi la réparer;t Ce trésor de beauté divine,p en 'nés mains pour Vénus a remis Proserpine,œrme des appas dont je puis m’emparer ;

Et l’éclat en doit être extrême,

Puisque Vénus, la beauté même,

E ,V es demande pour se parer.

uerober un peu serait-ce un si grand crime ?p Ur Plaire aux yeux d’un dieu qui s’est fait mon amant,°ur regagner son cœur et finir mon tourment,

Ou ^° Ut n est '>l pas trop légitime?

Et Vr ° ns ' Quelles vapeurs m’offusquent le cerveau,Aiu* Ue v °‘ s "j e sort i r de cette boite ouverte?p Q ° Ur > s i ta pitié ne s’oppose à ma perte,

Ur ne revivre plus je descends au tombeau.

{Elle s'évanouit; et l'Amour descendauprès d’elle en volant. )

SCÈNE IV.

L’AMOUR, PSYCHÉ évanouie.l’amoue.

Votre péril, Psyché , dissipe ma colère,

Ou plutôt de mes feux l’ardeur n’a point cessé ;

Et bien qu’au dernier point vous m’ayez su déplaire,Je ne me suis intéresséQue contre celle de ma mère.

J’ai vu tous vos travaux, j’ai suivi vos malheurs ,Ries soupirs ont partout accompagné vos pleurs.Tournez les yeux vers moi, je suis encor le même.Quoi ! je dis et redis tout haut que je vous aime,

Et vous ne dites point, Psyché , que vous m’aimez !Est-ce que pour jamais vos beaux yeux sont fermés,Qu’à jamais la clarté leur vient d'être ravie ?

O mort ! devais-tu prendre un dard si criminel,,

Et, sans aucun respect pour mon être éternel,Attenter à ma propre vie?

Combien de fois, ingrate déité,

Ai-je grossi ton noir empirePar les mépris et par la cruautéD’une orgueilleuse et farouche beauté!

Combien même, s’il le faut dire,

T’ai-je immolé de fidèles amantsA force de ravissements !

Va, je ne blesserai plus d’âmes,

J e ne percerai plus de cœursQu’avec des dards trempés aux divines liqueursQui nourrissent du ciel les immortelles flammes,

Et n’en lancerai plus que pour faire à tes yeuxAutant d’amants, autant de dieux.

Et vous, impitoyable mère,

Qui la forcez à m’arracherTout ce que j’avais de plus cher,

Craignez, à votre tour, l'effet de ma colère.

Vous me voulez faire la loi,

Vous, qu’on voit si souvent la recevoir de moi!Vous, qui portez un cœur sensible comme un autre,Vous enviez au mien les délices du vôtre !

Mais dans ce même cœur j’enfoncerai des coupsQui ne seront suivis que de chagrins jaloux ;

Je vous accablerai de honteuses surprises,

Et choisirai partout, à vos vœux les plus doux,

Des Adonis et des Anchises,

Qui n’auront que haine pour vous.

SCÈNE V.

VÉNUS, L’AMOUR, PSYCHÉ évanouie.

VÉNUS.

La menace est respectueuse ;

Et d’un enfant qui fait le révolté

CORNEILLE. — TOME II.

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