POESIES DIVERSES.
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Des biens dont notre espoir n’osait nous avertir.Comme ses moindres dons excèdent le mérite,
Cette même bonté seule l’en sollicite;
Il ne consulte qu’elle, et, maître qu’il en est,
Sans devoir à personne, il donne à qui lui plaît.
Telles sont les faveurs que ta main nous partage,Grand roi, du Roi des rois la plus parfaite image :Tel est l’épanchement de tes nouveaux bienfaits ;
Il prévient l’espérance, il surprend les souhaits,
Il passe le mérite, et ta bonté suprêmePour faire des heureux les choisit d’elle-même.
Elle m’a mis du nombre, et me force à rougirDe ne me voir qu’un zèle incapable d’agir.
Son excès dans mon cœur fait des troubles étranges.Je sais que je te dois des vœux et des louanges,
Que ne t’en pas offrir c’est te les dérober ;
Mais si j’y fais effort, je cherche à succomber,
Et le plus beau succès que ma muse en obtienneProfanera ta gloire et détruira la mienne.
Je veux bien l’immoler tout entière à mon roi;
Mais, si je n’en ai plus, je ne puis rien pour toi,
Et j’en dois prendre soin, pour éviter le crimeD’employer à te peindre un pinceau sans estime.
Il n’est dans tous les arts secret plus excellentQue de savoir connaître et choisir son talent.
Pour moi qui de louer n’eus jamais la méthode,J’ignore encor le tour du sonnet et de l’ode.
Mon génie au théâtre à voulu m’attacher ;
11 en a fait mon sort, je dois m’y retrancher;
Partout ailleurs je rampe, et ne suis plus moi-même :Mais là j’ai quelque nom, là quelquefois on m’aime ;Là ce même génie ose de temps en tempsTracer de ton portrait quelques traits éclatants.
Par eux de l’Andromèdeil sut ouvrir lascène;
On y vit le Soleil instruire Melpomène,
Et lui dire qu’un jour Alexandre et CésarSembleraient des vaincus attachés à ton char :
Ton front le promettait, et tes premiers miraclesOnt rempli hautement la foi de mes oracles.
A peine tu parais les armes à la main,
Que tu ternis les noms du Grec et du Romain ;
Tout tremble, tout fléchit sous tes jeunes années;
Tu portes en toi seul toutes les destinées ;
Rien n’est en sûreté s’il ne vit sous ta loi : [toi ;
On t’offre, ou, pour mieux dire, on prend la paix deEt ceux qui se font craindre aux deux bouts de la terre,Pour ne te craindre plus renoncent à la guerre.
Ton hymen est le sceau de cette illustre paix :
Sur ces grands incidents tout parle, et je me tais;Et, sans me hasarder à ces nobles amorces,
J’attends l’occasion qui s’arrête à mes forces.
Je la trouve, et j’en prends le glorieux emploi,
Afin d’ouvrir ma scène encore un coup pour toi :
J’y mets la Toison d’or ; mais, avant qu’on la voie
La Paix vient elle-même y préparer la joie ;
L’Hymen l’y fait descendre ; et de Mars en courrouxPar ta digne moitié j’y romps les derniers coups.
On te voyait dès lors à toi seul comparableFaire éclater partout ta conduite adorable,
Remplir les bons d’amour, et les méchants d’effroi.Jusque-là toutefois tout n’était pas à toi ;
Et, quelques doux effets qu’eût produits ta victoire,Les conseils du grand Jule 1 avaient part à ta gloire.
Maintenant qu’on te voit en digne potentatRéunir en ta main les rênes de l’État,
Que tu gouvernes seul, et que, par ta prudence,
Tu rappelles des rois l’auguste indépendance,il est temps que d’un air encor plus élevéJe peigne en ta personne un monarque achevé;
Que j’en laisse un modèle aux rois qu’on verra naître,Et qu’en toi pour régner je leur présente un maître.
C’est là que je saurai fortement exprimerL’art de te faire craindre, et de te faire aimer ;
Cet accès libre à tous, cet accueil favorable,
Qu’ainsi qu’au plus heureux tu fais au misérable.
Je te peindrai vaillant, juste, bon libéral,
Invincible à la guerre, en la paix sans égalJe peindrai cette ardeur constante et magnanimeDe retrancher le luxe et d’extirper le crime;
Ce soin toujours actif pour les nobles projets,Toujours infatigable au bien de tes sujets ;
Ce choix des serviteurs fidèles , intrépides,
Qui soulagent tes soins, mais sur qui tu présides,
Et dont tout le pouvoir qui fait tant de jalouxN’est qu’un écoulement de tes ordres sur nous.
Je rendrai de ton nom l’univers idolâtre : [théâtre.Mais pour ce grand chef-d’œuvre, il faut un grandOuvre-moi donc, grand roi, ce prodige des arts,Que n’égala jamais la pompe des Césars,
Ce merveilleux salon où ta magnificenceFait briller un rayon de sa toute-puissance;
Et peut-être, animé par tes yeux de plus près,
J’y ferai plus encor que je ne te promets.
Parle, et je reprendrai ma vigueur épuiséeJusques à démentir les ans qui l’ont usée.
Vois comme elle renaît dès que je pense à toi,Comme elle s’applaudit d’espérer en mon roi !
Le plus pénible effort n’a rien qui la rebute :Commande, et j’entreprends; ordonne, et j’exécute-
' Mazarin.