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PSAUMES.
Mon œil épouvanté de toutes parts n’envoieQue des regards troublés d’un si cuisant malheur;Et mes ennemis ont la joieDe me voir blanchir de douleur.
A peine la nature avait rempli ta voix,
Que ta voix sous nos pieds rangea ces nouveaux êtres;
Les hôtes des champs et des bois,
Tout nous sert aujourd’hui, tout servit nos ancêtres.
Sortez d’auprès de moi, noirs ouvriers du crime,Qu’on voyait si ravis de me voir aux abois,
Du Seigneur la bonté sublimeDaigne entendre ma triste voix.
Les oiseaux dans les airs, les poissons dans les eaux,De ton image en nous reconnaissent l’empire;
Et sous ces liquides tombeauxTout ce qui nage ou vit, c’est pour nous qu’il respire.
Mes larmes ont monté jusque devant sa face ;11 a reçu mes vœux; mes soupirs l’ont touché,Mes cris en ont obtenu grâce,
Il n’a plus d’yeux pour mon péché.
Dieu, notre souverain, tout-puissant et tout bon,
Auteur de la nature, et maître du tonnerre, 1
Que la gloire de ton saint nom
S’est rendue admirable aux deux bouts de la terre ! 1
Allez ; qu’à votre tour la misère vous trouble ;Rougissez tous de honte en cette occasion,
Et que chaque moment redoubleCette prompte confusion.
Gloire, etc.
PSAUME VIII.
Domine, Dominus noster.
Gloire, etc. '
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PSAUME XVIII.
1
Cœli enarrant gloriam Dei.
•*
Des célestes lambris la pompeuse étendueFait l’éloge du souverain,
Et tout le firmament ne présente à la vue 1
Que des ouvrages de sa main.
Dieu, notre souverain, tout-puissant et tout bon,Auteur de la nature, et maître du tonnerre,
Que la gloire de ton saint nomS’est rendue admirable aux deux bouts de la terre !
L’œil qui d’un seul regard contemple ces bas lieuxVoit ta magnificence aux plus bas lieux gravée,
Et, sitôt qu’il s’élève aux cieux,
Par-dessus tous les cieux il la voit élevée.
Le jour prend soin d’apprendre au jour qui lui succèdeCe que sa parole a produit ;
Et la nuit, qui l’a su de la nuit qui lui cède,L’enseigne à celle qui la suit.
Aux quatre coins du monde ils parlent un langageQu’entendent toutes nations;
Et des plus noirs climats l’hôte le plus sauvageEn comprend les instructions.
Ton plus parfait éloge, exprès tu l’as commisAux accents imparfaits que hasarde l’enfance,
Pour confondre tes ennemis,
Et détruire l’esprit de haine et de vengeance.
Lorsque je vois des cieux le brillant appareil,
De ta savante main je ne vois que l’ouvrage ;
Et lune, étoiles, ni solei 1,
N’ont aucunes splendeurs qu’elle ne leur partage.
Parmi ces grands effets qui te font admirer, [rite?Seigneur, qu’est-ce que l’homme, et quel est son mé-Et qui t’oblige à l’honorerD’un tendre souvenir, d’une douce visite?
Un peu moindre que l’ange il t’a plu le former,
De gloire et de grandeurs tu combles sa naissance,Et ce qu’il te plut d’animerFut aussitôt par toi soumis à sa puissance.
Ils servent de tableau ainsi que de trompettes ;
Ce qu’ils disent ils le font voir ;
Et des grandeurs de Dieu s’ils sont les interprètes,Ils en sont aussi le miroir.
Le soleil, qui lui sert de trône incorruptible,
Les étale aux regards de tous,
Et ce visible agent d’un monarque invisible r ;:En est paré comme un époux.
Il part tel qu’un géant, armé d’une lumière,
Ceint d’un feu qui nous enrichit ;
Et du sommet des cieux il s’ouvre une carrièreDont jamais il ne s’affranchit.
Chaque jour pour finir et reprendre sa course,
Il remonte même au sommet,
Et sa chaleur partout verse l’heureuse sourceDes biens que son maître promet.