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Tome second.
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PSAUMES.

Tout à l’entour des mers c'est lui qui l’a posée,

C’est lui qui l’affermit au-dessus de tant d’eaux;C’est lui qui des courants dont elle est arroséeL’élève sur tous les ruisseaux."

Mais comment s’élever et quel chemin se faireA la sainte montagne où brille son palais?

Et qui s’établira dans son grand sanctuairePour y demeurer à jamais ?

L’homme au cœur pur et droit, à l’innocente vie,Qui n’a point de son Dieu reçu son âme en vain,

Qui par aucun serment, fourbe, ni calomnie,

N’a fait injure à son prochain.

Le Seigneur à jamais bénira sa conduite,

Le Seigneur, dont il prend la gloire pour seul but.Oui, Dieu lui fera grâce, et ses bontés ensuiteL’admettront au port de salut.

C’est là ce qu’il réserve à cette heureuse raceQui ne cherche ici-bas que le Maître du ciel,

Et qui marche en tous lieux comme devant la faceDe l’unique Dieu d’Israël.

Ouvrez,-princes, ouvrez vos portes éternelles;Portes du grand palais, laissez-vous pénétrer;Laissez-en l’accès libre aux escadrons fidèles :

Le roi de gloire y veut entrer.

Quel est ce roi de gloire, à quoi peut-on connaîtreOù s’étend son empire et ce que peut son bras?

C’est un roi le plus fort qu’on ait encor vu naître ;C’est un roi puissant aux combats.

Ouvrez, encore un coup, princes, ouvrez vos portes ;Portes du grand palais, laissez-vous pénétrer;Laissez-en l’accès libre aux fidèles cohortes :

Le roi de gloire y veut entrer.

Diles-nous donc enfin quel est ce roi de gloire,

Quels peuples, quels climats sont rangés sous sa loi ?C’est le roi tout-puissant, le roi de la victoire,

C’est Dieu qui lui-même est ce roi.

Gloire, etc. |

PSAUME XXX.

In te, Domine, speravi, non confundar in æternum.

J’ai mis en vous mon espérance ;

Sera-ce à ma confusion,

Seigneur? et votre bras est-il dans l’impuissanceDe me faire justice en cette occasion ?

Déployez-le, l’ennemi presse,

Prêtez l’oreille à mes clameurs :

Venez, et hâtez-vous d’appuyer ma faiblesse; [meurs.Pour peu que vous tardiez, tout me manque, et je

Je n’ai plus ni vivres ni places,

Je n’ai ni troupes ni vigueur ;

Et, si votre secours n’arrête mes disgrâces,

Je succombe à la force, ou tombe de langueur.

Mais vous serez ma citadelle,

Vous suppléerez à mes besoins;

J’aurai pour ma conduite une grâce nouvelle,

J’aurai pour subsistance un effet de vos soins.

C’est en vain qu’on me dresse un piège,

C’est en vain qu’on veut m’assiéger;

Vous romprez les filets, vous confondrez le siège,Un seul de vos regards saura me protéger.

Souffrez qu’en vos mains je remetteUne âme réduite aux abois :

O Dieu de vérité ! servez-moi de retraite,

Vous qui m’avez déjà racheté tant de fois.

Gloire, etc.

PSAUME XXXI.

Beati quorum remissx sunt iniquitates.

Heureux sont les mortels dont les saints artificesOnt lavé les péchés par des pleurs assidus,

Et par le rude choix de leurs justes supplicesLes ont si bien couverts que Dieu ne les voit plus!

Plus heureux l’homme encor dont l’innocente vieN’a rien que Dieu lui veuille imputer à forfait,L’homme en qui jamais fourbe et jamais calomnieN’infecte ce qu’il dit, n’empeste ce qu’il fait !

Mon crime s’est longtemps caché sous le silence ;

Mes maux en sont accrus, mon visage envieilli ;

Et les cris que m’arrache enfin leur violenceSont le fruit douloureux que j’en ai recueilli.

Mon âme en a senti ta main appesantie,

Dont le fardeau secret m’accable nuit et jour;

Mon corps en a senti sa vigueur amortie,

Et l’angoisse a plus fait sur moi que ton amour.

C’est elle qui me force à ne te plus rien taire :

Je veux t’avouer tout, Seigneur, et hautementMe dire un assassin, un traître, un adultère;

En accepter la honte, aimer le châtiment.