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Tome second.
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PSAUMES.

Considérez d’ailleurs comme agit sa colèreSur qui se plaît à l’offenser ;

Vous verrez les pécheurs recevoir leur salaire,

Et les foudres les terrasser.

Espérez tous en lui, j’aime à vous le redire,

Et ne puis vous le dire assez ;

C’est prendre un haut refuge ; et le plus vaste empireN’a point de forts si bien placés.

L’asile que nous font sa grâce et sa justiceEst inaccessible à tous maux ;

Et, sous quelque fléau que la terre gémisse,

Vous n’en craindrez point les assauts.

Ses anges par son ordre auront soin de vos routesQuelque part qu’il vous faille aller,

Et tout autour de vous ils seront aux écoutesDès qu’il vous faudra sommeiller.

Dans ces âpres sentiers qu’à peine ouvre la terreUs vous porteront en leurs mains,

De peur que votre pied heurtant contre la pierreNe fasse avorter vos desseins.

Des plus hideux serpents l’affreuse barbarieVous laissera marcher sur eux ;

Vous foulerez aux pieds le lion en furie,

Le dragon le plus monstrueux.

C’est en moi qu’il a mis toute son espérance,

Dira de vous ce Dieu tout bon,

Et je protégerai partout son innocence,

Puisqu’il a reconnu mon nom.

Il n’aura qu’à parler, j’entendrai sa prière,

Je prendrai part à ses douleurs;

Je ferai succéder ma gloire à sa misère,

Et mon bonheur à ses malheurs.

A la longueur du temps que je veux qu’il me serveJe joindrai mon grand avenir;

Et je lui ferai voir quel bonheur je réserveA ceux qui savent me bénir.

Gloire, etc.

PSAUME XCII.

Dominus regnavit, décorern indutus est.

Le Seigneur, pour régner, s’est voulu rendre aimable ;Il s’est revêtu de beauté ;

Il s’est armé de force, en prince redoutable,

Ceint de gloire et de majesté. t

Ses ordres sur un point ont affermi la terrePour y répandre son pouvoir ;

Et, s’il veut qu’elle tremble à l’éclat du tonnerre,

Il lui défend de se mouvoir.

Il prépara pour siège à sa grandeur suprêmeDès lors ces globes éclatants,

D’où, comme avant le temps il régnait en lui-même,Il voulut régner dans le temps.

Tous les fleuves dès lors lui rendirent hommage,

Us élevèrent tous la voix ;

Tous les fleuves dès lors, par un commun suffrage,Acceptèrent toutes ses lois.

Pour le voir de plus près de leurs grottes profondesTous surent élever leurs flots ;

Tous surent applaudir par le bruit de leurs ondesA qui les tirait du chaos.

Les enflures des mers sont autant de miraclesQu’enfante leur sein orgueilleux ;

Et ce Maître de tout dans ses hauts tabernaclesSe montre encor plus merveilleux.

Tes paroles, Seigneur, n’en sont que trop croyables;

Et, tant que dureront les jours,

La sainteté doit luire en ces lieux vénérablesOù nous implorons ton secours.

Gloire, etc.

PSAUME XCIV.

l'enite, exsultemus Domino.

Venez, peuple, venez; il est honteux de taireLes merveilles du Roi des rois ;

Élevons avec joie et nos cœurs et nos voixAu vrai Dieu, notre salutaire;

Que la louange de son nomPuisse en notre faveur préoccuper sa face,

Nos concerts mériter sa grâce,

Nos larmes obtenir pardon !

Il est le Dieu des dieux, il en est le grand Maître,Aussi fort, aussi bon que grand ;

Il ne dédaigne point l’hommage qu’on lui rend ;

Il conserve ce qu’il fait naître ;

Il est de tout l’unique auteur;

Il enferme en sa main les deux bouts de la terre;

Des monts plus hauts que le tonnerre,

D’un coup d’œil, il voit la hauteur.