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AU LECTEUR.
conjugaison où il faut lui rendre Vf, parce qu’elleallonge la syllabe; comme à l’impératif arrefte, quirime bien avec tefte; mais à l’infinitif, et en quelquesautres temps où elle ne fait pas cet effet, il est bonde la supprimer, et d’écrire, f arrêtais, fai arrêté,Y arrêterai, nous arrêtons, etc.
Quant à fie, nous en avons de trois sortes : l’e fé-minin, qui se rencontre toujours ou seul, ou en diph-thongue, dans toutes les dernières syllabes de nosmots qui ont la terminaison féminine, et qui faitsipeu de son, que cette syllabe n’est jamais comp-tée à rien à la fin de nos vers féminins, qui en onttoujours une plus que les autres; l’e masculin, quise prononce comme dans la langue latine ; et un troi-sième e qui ne va jamais sans fis, qui lui donne unson élevé qui se prononce à bouche ouverte, en cesmots, succès, accès, exprès. Or, comme ce seraitune grande confusion que ces trois e en ces troismots, afpres, vérité, et apres, quiontunepronon-ciation si différente, eussent un caractère pareil, il estaisé d’y remédier par ces trois sortes d’eque nous donnel’imprimerie, e, ê, è, qu’on peut nommerl’esimple,l’é aigu, et Vè grave. Le premier servira pour nosterminaisons féminines , le second pour les latines, etle troisième pour les élevées; et nous écrirons ainsicestrois mots et leurs pareils, afpres, vérité,après,ce que nous étendrons à succès, excès, procès, qu’onavait jusqu'ici écrits avec l’e aigu, comme les ter-minaisons latines, quoique le son en soit fort diffé-rent. Il est vrai que les imprimeurs y avaient misquelque différence en ce que cette terminaison n’é-tant jamais sans s, quand il s’en rencontrait uneaprès un ê latin, ils la changeaient en 3, et ne la fai-saient précéder que par un e simple. Us imprimentveritez, deiiez, dignitcz, et non pasverités ,dcïtés,dignités; et j’ai consérvé cette orthographe : maispour éviter toute sorte de confusion entre le son desmots qui ont l’e latin sans s, comme vérité, et ceuxqui ont la prononciation élevée, comme succès, j’aicru à propos de me servir de différents caractères,puisque nous en avons, et donner l’é grave à ceux decette dernière espèce. Nos deux articles pluriels,les et des, ont le même son, écrits avec l’esimple :il est si malaisé de les prononcer autrement, que je n’aipas cru qu’il fût besoin d’y rien changer. Je dis lamême chose de Pe devant deux II, qui prend le sonaussi élevé en ces mots, belle, fidclle, rebelle, etc.qu’en ceux-ci, succès, excès; mais comme cela ar-rive toujours quand il se rencontre avant cesdeux/f,il suffit d’en faire cette remarque sans changementde caractère. Le même cas arrive devant la simple l,a la fin du mot mortel, appel, criminel, et non pasau milieu, comme en ces mots, celer, chanceler, oùPe avant cette / garde le son de l’e féminin.
Il est bon aussi de remarquer qu’on ne se sertd’ordinaire de Vè aigu qu’à la fin du mot, ou quandon supprime P s qui le suit, comme à établir, éton-ner. Cependant il se rencontre souvent au milieu desmots avec le même son, bien qu’on 11el’écrive qu’a-vec un e simple; comme en ce mot sévérité, qu’ilfaudrait écrire sévérité, pour le faire prononcer exac-tement; et je l’ai fait observer dans cette impres-sion, bien que je 11’aye pas gardé le même ordredans celle qui s’est faite in-folio.
La double II dont je viens de parler à l’occasionde l’e a aussi deux prononciations en notre langue;l’une sèche et simple, qui suit l’orthographe ; l’autremolle, qui semble y joindre une h. Nous n’avonspoint de différents caractères à les distinguer; maison en peut donner cette règle infaillible : toutes lesfois qu’il n’y apointd’iavantlesdeux/f.laprononcia-tion neprend point cette mollesse. Un voici des exem-ples dans les quatre autres voyelles, baller, rebeller,coller, annuller. Toutes les fois qu’il y a uni avant lesdeux II, soit seul, soit en diphthongue, la pronon-ciation y ajoute une h. On écrit bailler, éveiller,brûler, chatouiller, cueillir, et on prononce baillher,éveillher, brillher, chatouillher, cueillhir. Il faut ex-cepter de cette règle tous les mots qui viennent dulatin, et qui ont deux II dans cette langue; commeville, mille, tranquille, imbécilte, distille, illus-tre, illégitime, illicite, etc. ; je dis qui ont deux Üen latin parce que les mots de fdte et famille enviennent, et se prononcent avec cette mollesse desautres qui ont Pi devant les deux II, et n’en vien-nent pas ; mais ce qui fait cette différence c’est qu’il 8ne tiennent pas les deux II des mots latins ,fdia etfamilia, qui n’en ont qu’une, mais purement de no-tre langue. Cette règle et cette exception sontgéne-raies et assurées. Quelques modernes, pour ôtertoute l’ambiguïté de cette prononciation, ont écrdles mots qui se prononcent sans la mollesse de 1 ^avec une l simple, en cette manière, tranquile, i> n 'bécile, distile; et cette orthographe pourrait s'ac-commoder dans les trois voyelles a, 0, u, po urécrire simplement baler, affoler, annuler; mais efi ene s’accommoderait point du tout avec Pc, et on aura**de la peine à prononcer fidelle et belle, si on éctj'vait julele et bele; Pi même, sur lequel ils ont p rlSce droit, ne le pourrait pas souffrir toujours, etp ar 'ticulièrement en ces mots ville, mille , dont le f> re 'mier, si on le réduisait à une l simple, se confondra**avec vile , qui a une signification tout autre.
Il y aurait encore quantité de remarques à fa* iesu r les différentes manières que nous avons de proi* 011 ’cer quelques lettres en notre langue; maisjen’ent* -6 'prends pas de faire un traité entier de Porthografil 16et de la prononciation, et me contente de vo ** 8