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Tome second.
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1.JÎ FESTIN DE PIERRE, ACTE II, SCELvr, IL.

J’ai d’l’honneur tout autant qu’on en ait à mon âge :Et pour tout l’or du monde on n’ me pourrait tenter,Si j’ pensais qu’en m’aimant l’en me 1’ voulût ôter.

1). JUAN.

Je voudrais vous l’ôter, moi? ce soupçon m’offense.Croyez que pour cela j’ai trop de conscience;

Et que, si vos appas m’ont su d’abord charmer,

Ce n’est qu’en tout honneur que je vous veux aimer.Pour vous le faire voir, apprenez que dans l’âmeJ’ai formé le dessein de vous faine ma femme :

J’en donne ma parole ; et pour vous, au besoin,L’homme que vous voyez en sera le témoin.

CHARLOTTE.

Vous m’ vouriez épouser, moi ?

D. JUAN.

Cela vous étonne?Demandez au témoin que mon amour vous donne :

Il me connaît.

SGANARELLE.

Très-fort. Ne craignez rien : allez,

Il vous épousera cent fois, si vous voulez;

J’en réponds.

D. JUAN.

Eh bien donc, pour le prix de ma flamme,Ne consentez-vous pas à devenir ma femme?

CHARLOTTE.

I faudrait à ma tante en dire un petit mot,

Pour qu’ai’ en tût contente : al’ aime bian Piarrot.

D. JUAN.

Je dirai ce qu’il faut, et m’en rendrai le maître.Touchez là seulement, pour me faire connaîtreQue de votre côté vous voulez bien de moi.

CHARLOTTE.

J’n’en veux que trop ; mais vous?

D. JUAN.

Je vous donne ma foi ;

Et deux petits baisers vont vous servir de gage....

CHARLOTTE.

O! monsieur, attendez qu’j’ons fait le mariage;Après ça, voyez-vous, je vous baiserai tantQue vous n’erez qu’à dire.

D. JUAN.

Ah! me voilà content.

Tout ce que vous voulez, je le veux pour vous plaire ;Donnez-moi seulement votre main.

CHARLOTTE.

Pourquoi faire ?

D. JUAN.

H faut que cent baisers vous marquent l’intérêt...

SCÈNE III.

D. JUAN, CHARLOTTE, PIERROT,SGANARELLE.

PIERROT.

Tout doucement, monsieu, tenez-vous si vous plaît;Vous pourriez, v’s échauffant, gagner la purésie.

D. JUAN.

D’où cet impertinent nous vient-il?

PIERROT.

Oh! j amie!

J’vous dis qu’ou vous tegniais, et qu’i n’est pasbesoinQu’ou vegniais courtisé nos femmes de si loin.

d. juan , le 'poussant.

Ah! que de bruit!

PIERROT.

Margué ! je n’ nou zémouvon guèrePour cé pousseu de gens !

CHARLOTTE.

Piarrot, laisse-le faire.

PIERROT.

Quement ! que j’le laiss’ faire ? Et je ne l’veux pas, moi.

D. JUAN.

Ah!

PIERROT.

Parc’qu’il est monsieu, i s’en viendra, je croi,Caresser à not’ barbe ici nos zaccordées !

Pargué! j’en sis d’avis, que j’ vous 1’ zayon gardées!Allez-v’ s’ en caresser lé vôtres.

d. juan, lui donnant plusieurs soufflets.

Hé!

PIERROT.

Hé ! margué,

N’ vous avisé pas trop de m’frapper ; jarnigué!Ventregué! tatigué! voyez un peu la chanceD’ venir battre les gens! c’ n'est pas la récompenseD’ vous être allé tantôt sauvé d’être nayé!

J’vous devions laisser boire. Il est bien employé!

CHARLOTTE.

Va, ne te fâche point, Piarrot.

PIERROT.

Oh! palsanguienuc.

I m’plaît de me fâcher, et t’es une vilaineD’endurer qu’en t’cajole.

CHARLOTTE.

Il me veut épouser,

Et tu n’ te devrais pas si fort colériser.

C’ n’est pas c’ qu’ tu penses, da.

PIERROT. •

Jarni, tu m’es promise.

CHARLOTTE.

Ça n’y fait rian, Piarrot, tu n’ m’as pas encor prise.S’tu m’aimes comme i faut, s’ras-tu pas tout joyeux