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Tome I.
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94
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94 ALEXANDRE.

Et que j’entende dire aux peuples indiensQue j’ai forgé moi-même et leurs fers et les miens?Quitterai-je Porus ? Trahirai-je ces princesQue rassemble le soin d’affranchir nos provinces,

Et qui, sans balancer sur un si noble choix,Sauront également vivre ou mourir en rois ?

En voyez-vous un seul qui, sans rien entreprendre,Se laisse terrasser au seul nom d’Alexandre,

Et, le croyant déjà, maître de l’univers,

Aille, esclave empressé, lui demander des fers ?Loin de s’épouvanter h l’aspect de sa gloire,

Ils l’attaqueront même au sein de la victoire :

Et vous vouiez, ma sœur, que Taxile aujourd’hui,Tout prêt à le combattre, implore sou appui J

CLÉOFICE.

Aussi n’cst-ce qu’à vous que ce prince s’adresse;Pour votre amitié seule Alexandre s’empresse : .Quand la foudre s’allume et s’apprête à partir,

U s’efforce en secret de vous en garantir.

TAXILE.

Pourquoi suis-je le seul que son courroux ménage ?De lous ceux que l'Ilydaspe oppose à son courage,Ai-je mérité seul son indigne pitié?

Ne peut-il à Poras offrir son amitié?

Al» ! sans doute il lui croit î’ame trop généreusePour écouter jamais une offre si honteuse :

U cherche une vertu qui lui résiste moins ;

Et peut-être il rae croit plus digne de ses soins.