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ACTE I, SCÈNE XI.
Ç’est un torrent qui passe, et dont la violenceSur tout ce qui l’arrête exerce sa puissance ;
Qui, grossi du débris de cent peuples divers,
Veut du bruit de son cours remplir tout l’univers.
Que sert de l’irriter par un orgueil sauvage ?
D’un favorable accueil honorons son passage ;
Et, lui cédant des droits que nous reprendrons bien,RçAdons-lui des devoirs qui ne nous coûtent rien.
p OR u s.
Qui ne nous coûtent rien, seigneur? losez-vous croire?Compterai-] e pour rien la perte de ma gloire ?
Votre empire et le mien seroient trop achetésS’ils coûtoient âPorus les moindres lâchetés.
Mais croyez*-vous qu’un prince enflé de tant d’audacéDe son passage ici ne laissât point de trace ?
Combien de rois, brisés â ce funeste écueil,
Ne régnent plus qu’autant qu’il plaît à son orgueil !
Nos couronnes, d’abord devenant ses conquêtes ,
Tant que nous régnerions flotteroient sur nos têtes ;
Et nos sceptres, en proie a ses moindres dédains,
Dès qu’il auroit parlé tomberoient de nos mains.
Ne dites point qu’il court de province en province :Jamais de ses liens il ne dégage un prince ;
Et pour mieux asservir les peuples sous ses lois,Souvent dans la poussière il leur cherche des rois. 1Mais ces indignes soins touchent peu mon courage tVotre seul intérêt m’inspire ce langage.
Po.vus n’a point de part dans tout cet entretien^
Et quand là gloire parle il n écouté plus rien.
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