J’avoûrai que, brûlant d’une noble chaleur,
Je vais contre Alexandre éprouver ma valeur.
Du bruit de scs exploits mon ame importunéeAttend depuis long-temps cette heureuse jourue'e.Avant qu’il me cherchât, un orgueil inquietM’avoit déjà rendu son ennemi secret.
Dans le noble transport de cette jalousie,
Je le trouvois trop lent à traverser l’Asie ;
Je l’attirois ici par des vœux si puissants,
Que je portois envie au bonheur des Persans :
Et maintenant encor, s’il trompoit mon courage ,Pour sortir de ces lieux s’il cherchoit un passage,Vous me verriez moi-méme, armé pour l’arrêter,Lui refuser la paix qu’il nous veut présenter.
T A XI LE.
Oui, sans doute, une ardeur si haute et si constanteVous promet dans l’histoire une place éclatante;
Et, sous ce grand dessein dussiez-vous succomber,Au moins c’est avec bruit qu’on vous, verra tomber.La reine vient. Adieu. Yantez-lui votre zèle ;Découvrez cet orgueil qui vous rend digne d’elle.Pour moi, je troublerois un si noble entretien ;
Et vos cœurs rougiroisnt des foiblesses du mîen.