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ACTE IV, SCIÏiMÉ III. 143
SCÈNE III.
AXIANE, TAXILE.
AXIANE.
Approche, puissnnt roi,
Grand monarque de l'Inde -, on parle ici de toi :
On veut en ta faveur combattre ma colère ;
On dit que tes désirs u’aspîrent qu’à me plaire.
Que mes rigueurs ne font qu’affermir ton amour :
On fait plus, et l’on veut que je t’dTme à mon tour.
Mais sais-tu l’entreprise où s’engage ta flamme ?
Sais-tu par quels secrets on peut toucher mon ame ?
Es-tu prêt...
tAxile.
Ah, madame! éprouvez seulementCe que peut sur mon cœur un espoir si charmant.
Que faut-il faire ?
AXIANE.
H faut, s’il est vrai que l’on m’aime,Aimer la gloire autant que je l’aime moi-même,
Ne m’expliquer ses vœux que par mille beaux faits,
Et haïr Alexandre autant que je le hais ;
Il faut înarcher sans crainte au milieu des alarmes ;fl faut combattre, vaincre, Ou périr sous les armes.
'Jette, jette les yeux sur Porus et sur toi ;
Et juge qui des deux étoit digne de moi.
Oui, Taxile, mon cœur, douteux en apparence,
O un esclave et d’un roi faîsoit la différence.