«77
ACTE I, SCÈ-NîE I.
J’aime; je viens chercher Ilerinione en ces lieux,
La fléchir, l’enlever, ou mourir à ses yeux.
Toi qui connois Pyrrhus, que penses-tu. qu’il fasse?Dans sa coi^r, dans son cœur, dis-moi ce qui se passe.Mon Ilermione encor le tient-elle asservi ?
Me rendra-t-il, Pylade, un bien qu’il m’a ravi?,
#
VYIkQ E.
Je vous abuserois si j’osois vous promettreQu’entre vos mains, seigneur, il voulût lu îemcttre :Non que de sa conquête il paroisse flatte'.
Pour la veuve d’ïlcctor scs feux ont éclaté ;
Il l’aime : mais enfin cette veuve inhumaineN ’a payé jusqu’ici son amour que de haine ;
Et chaque jour encore on lui voit tout tenterPour fléchir sa captive, ou pour l’épouvanter.
De son fils qu’il lui cache il menace la tête,
Et fait couler des pleurs qu’aussitot il arrête.Ilermione elle-même a vu plus de cent fuisCet amant irrite revenir sous scs lois,
Et, de scs vœux troublés lui rapportant l’hommage ,Soupirer h ses pieds moins d’amour que de rage.Ainsi n'attendez pas que l’on puisse aujourd’huiVous répondre d’un cœur si peu maître de lui :
Il peut, seigneur, il peut, dans ce désordre extrême fÉpouser ce qu’il hait, et perdre ce qu’il aime»
o n e s T E.
Mais dis-moi de quel œil Hermione peut voirSon hymen différé, ses charmes sans pouvoir.