A C T E l V , S C K N E I ï F. 2*9
Conduisez ou suivez une fureur si belle;
Revenez tout couvert du sang de l'infidèle;
Allez : en cet état soyez sûr de mon cœur.
ORESTE.
Mais, madame, songez....
H ER MI ONE.
Àîi ! c’en est trop, seigneur.
Tant de raisonnements oCenscnt ma colère.
J'ai voulu vous donner les moyens de me plaire,
Rendre Oreste content : mais enfin je vois bienQu’il veut toujours se plaindre, et ne mériter rien.Parlez: allez ailleurs vanter votre constance,
Et me laissez ici le soin de ma vengeance.
De mes lâches bontés mon courage est confus ;
Et c’est trop en un jour essuyer de refus.
Je m’en vais seule au temple où leur hymen s'apprête,Ou vous n’osez aller mériter ma conquête :
Là, de mon ennemi je saurai m’approcher;
Je percerai le cœur que je n’ai pu loucher ;
Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées,Aussitôt, malgré lui, joindront nos destinées :
Et, tout ingrat qu’il est, il me sera plus douxDe mourir avec lui, que de vivre avec vous.
oreste.
Non, je vous priverai de ce plaisir funeste,
Madame ; il 11e mourra que de la main d’Oreste.
Vos ennemis par moi vont vous être immolés,.
Et vous reconnoîtrez mes soins, si vous voulez.
Racine. I, ÿ.0