86
B R 1 T A N N I C U S.
De quoi ?
kéron.
Qu’elle n’avoit qu’à vous voir un moment ;Qu’à tout ce grand éclat, à ce courroux funeste,
On verroit succédemw silence modeste;
Que vous-même à la paix souscririez le premier :Heureux que sa bonté daignai tout oublier.
NÉRON.
Mais, "Narcisse, dis-moi, que veux-tu que je fasse?
Je n’ai que trop de pente à punir son audace ;
Et, si je m’en cioyois, ce triomphe indiscret -Seroit bientôt suivi d’un éternel regret.
Mais de tout l’univers quel seroit le langage?
Mur les pas des tyrans veux-tu que je m’engage,lit que Rome, effaçant tant de titres d honneur,
Me laisse pour tous noms celui d’empoisonneur?
Ils mettront ma vengeance au rang des parricides.
NARCISSE.
Et prenez-vous, seigneur, leurs caprices pour guides ?Avez-vous prétendu qu’ils se tairoient toujours ?F.st-ce à vous de prêter l’oreilie à leurs discours?
De vos propres désirs perdrez-vous la mémoire ?
Et serez-vous le seul que vous n’oserez croire ?
Mais, seigneur, les Romains ne vous sont pas connus;Non, non : dans leurs discours ils sont plus retenus.Tant de précaution affoiblit votre règne :lis croiront, en effet, mériter qu’on les craigne.
Au joug, depuis long-temps, ils se sont façonnés;
Ils adorent la main qui les tient enchaînés.