,8a BÉRÉNICE:
Vous m’avez malgré moi confié, l’un et l’autre,
La reine, son amour, et vous, seigneur, le vôtre. 'La reine qui m’entend peut me désavouer;
Elle m’a vu toujours, ardent à vous louer,Répondre par mes soins à votre confidence-Vous croyez m’en devoir quelque reconnoissance :Mais le pourriez-vous croire, en ce moment fatal,Qu’un ami si fidèle étoit votre rival?
T ITTJS»
Mon rival?
ASTIOCHÜS.
Il est temps que je vous éclaircisse.
Oui, seigneur, j’ai toujours adoré Bérénice.
Pour ne la plus aimer j’ai cent fois combattu :
Je n’ai pu l’oublier; au moins je me suis tu.
De votre changement la Batteuse apparenceM’avoit rendu tantôt quelque foible espérance ,
Les larmes de la reine ont éteint cet espoir.
Ses yeux, baignés de pleurs, demandoient à vous voirJe suis venu, seigneur, vous appeler moi-même.
Vous êtes revenu. Vous aimez, on vous aime;
Tous vous êtes rendu : je n’en ai point douté.
Pour la dernière fois je me suis consulté;
J’ai fait de mon courage une épreuve dernière;
Je viens de rappeler ma raison tout entière :
Jamais je ne me suis senti plus amoureux.
Il faut d’autres efforts pour rompre tant de nœuds iCe n'est qu’en expirant que je puis le9 détruire;
J’y cours. Voilà de quoi j’ai voulu vous instruire.
Oui, madame, vers vous j’ai rappelé ses pas;