ACTE II; SCÈNE Ht. SuâEt j’espérois un jour vous mieux récompenser.
Mais, c’en est fait, vous dis-je, il n’y faut plus penser, *ACOMAT.
Et quel est donc, Seigneur, cet obstacle invincible?Tantôt dans le sérail j’ai laissé tout paisible :
Quelle fureur saisit votre esprit et le sien ?
SAJAZET.
Elle veut, Acomat, que je l'épouse.
ACOMAT.
Hé bien !
L’usage des sultans à ses vœux est contraire ;
Mais cet usage enfin, est-ce une loi sévèreQu’aux dépens de vds jours vous deviez observer?
La plus sainte des lois, ah! c’est de vous sauver,
Et d’arracher, seigneur, d’une mort manifesteLe sang des Ottomans dont vous faites le reste.
BAlAZET.
Ce reste malheureux seroit trop acheté,
S’il faut le conserver par une lâcheté*
Acomat.
Et pourquoi vous en faire une image si noire?
L’hymen de Soliman ternit-il sa mémoire?
Cependant Soliman n etoit point menacéDes périls évidents dont vous êtes pressé.
BÀJÀZET.
Et ce sont ces périls et ce soin de ma vie ,
Qui d’un servile hymen feroient l'ignominie*
Soliman n’avoit point ce prétexte odieux :
Son esclave trouva grâce devant ses yeux;