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Tome II.
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ACTE V , SCÈNE VI. 261

Ouï, madame, il est vrai que je vous ai trompée :

Du soin de mon amour seulement occupée,

Quand j’ai vu Bajazet, loin de vous obéir,

Je n’ai dans mes discours songé qu’à vous trahir.

Je l’aimai dès l’enfance ; et dès ce temps, madame,J’avois par mille soins su prévenir son ame.

La sultane sa mère, ignorant l’avenir,

Hélas ! pour son malheur, se plut à nqus unir.

Vous l’aimâtes depuis, plus heureux l’un et l’autro,

Si, connoissant mon cœur, ou me cachant le vôtre,

Votre amour de la mienne eût su se défier IJe ne me noircis point pour le justifier.

Je jure par le ciel qui me voit confondue,

Par ces grands Ottomans dont je suis descendue,

Et qui tous avec moi vous parlent à genoux

Pour le plus pur du sang qu'ils ont transmis en nous ;

Bajazet à vos soins tôt ou tard plus sensible,

Madame, à tant d'attraits n’éloit pas invincible.

Jalouse, et toujours prête à lui représenterTout ce quë je croyois digne de l’arrêter,

Je n’ai rien négligé, plaintes, larmes, colère,

Quelquefois attestant les mânes de sa mère;

Ce jour même, des jours le plus infortuné,

Lui reprochant l’espoir qu’il vous avoit donné,

Et de ma mort enfin le prenant à partie,

Mon importune ardeur ne s’est point ralentieQu'arrachant malgré lui des gages de sa foiJe ne sois parvenue à le perdre avec moi.

Mais pourquoi vos bontés seroîent-elles lassée» ?

Nq vous arrêtez point à scs froideurs passées ;