I
324 MIT hui date;
Vous cependant ici servez avec son frère,
Et vendez aux Romains le sang de votre père:
Venez : je ne saurois mieux punir vos dédains,
Qu’en vous mettant moi-même en ses serviles mains jEt, sans plus me charger du soin de votre gloire,
Je veux laisser de vous jtisqu’à votre mémoire.Allons* madame, allons. Je m’en vais vous unir.
MON IME.
Plutôt de mille morts dussiez-vous me punir !
MITHR1DATE.
Vous résistez en vain, et j’entends votre fuite.
MONIME.
En quelle extrémité, seigneur, suis-je réduite!
Mais enfin je vous crois, et je ne puis penserQu’à feindre si long-temps vous puissiez vous forcer.Les dieux me sont témoins qu’à vous plaire bornéeMon ame à tout son sort s’étoit abandonnée.
Mais si quelque foiblesse avoit pu m’alarmer,
Si de tous ses efforts mon cœur a dû s’armer,
Ne croyez point, seigneur, qu’auteur de mes alarmesPharnace m’ait jamais coûté les moindres larmes.
Ce fils victorieux que vous favorisez,
Cette vivante image en qui vous vous plaisez,
Cet ennemi de Rome, et cet autre vous-même,Enfin, ce Xipharès que vous voulez que j’aime...
MITHRIDATE.
Vous l’aimez?
MONIME.
Si le sort ne m’eût donnée à vous,' Mon bonheur dépendoit de l’avoir pour époux.