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Tome II.
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ACTE XV, SCENE V. 337

SCÈNE y.

MlTURlfitÀTE.

Elle me quitte ! Et moi, dans un lâche silence,

Je semble de sa fuite approuver l’insolence I

Peu s’en faut que mon cœur, penchant de son côté,

Ne me condamne encor de trop de cruauté 1

Qui suis-je ? Est-ce Monime ? Et suis-je Mithridate ?

Non, non, plus de pardon,plus d’amour pour l’ingrate.Ma colère revient, et je me reconnois :

Immolons, en partant, trois ingrats à la fois.

Je vais à Home; et c’est par de tels sacrificesQu : il faut h ma fureur rendre les dieux propices;

Je le dois, je le puis ; ils n’ont plus de support \

Les plus séditieux sont déjà loin du bord. *

Sans distinguer entre eux qui je hais ou qui j’arme,Allons, et comrûençOns par Xipharès lui-même.

Mais quelle est ma fureur ! et qu’est-ce que je dis !

Tu vas sacrifier.'., qui, malheureux ? Ton fils !

Un fbs que Rome craint ! qui peut venger son père !Pourquoi répandre un sang qui m’est si nécessaire ?

Ali ! dans l’état funeste où ma chute m’a mis,

Est-ce que mon malheur m’a laissé trop d’amis?

Songeons plutôt, songeons à gagner sa tendresse :

J’ai besoin d’un vengeur, et non dune maîtresse.

Quoi ! ne vaut-il pas mieux, puisqu’il faut m’en priver,La céder à ce fils que je veux conserver ?

Cédons-la. Vains efforts, qui ne font que m’instruireDes foiblesses d’un cœur qui cherche h se séduire!

Racine. 2. 2Q