OE U Y R E S DIVERSES. a55mais comme c’étoit un bon homme, plein d’uneextrême vénération pour ces filles, il eût bienvoulu qu’elles se fussent un peu accommodées autemps , et quelles eussent signé par déférence pourleur archevêque. Cette diversité de sentiments étoitcause que ces deux messieurs se contredisoientassez souvent l’un l’autre en parlant auxreligienses.Enfin, après plusieurs conférences, ils se rédui-sirent à leur proposer de signer avec de certainesexpressions générales, qui, sans blesser,disoient-ils, leur conscience, pourroient conteuterM. 1’ar-clievêque , et ôter à leurs ennemis tous moyens deleur nuire. Mais elles persistèrent toujours à nevouloir point tromper l’église par des termes oùil pourront y avoir de l’équivoque ; et, de quelquegrand péril qu’on les menaçât, elles ne purentjamais se résoudre à offrir autre chose àM. l'arche-vêque que la même signature à peu près qu'ellesavoieut offerte aux grands-vicaires du cardinal deRetz, c'est-à-dire un entier acquiescement smle droit, et, pour ce qui regardoit le fait, un respectet un silence convenables à leur ignorance et aleur état.
M. l’archevêque, fort surpris de la fermeté deces filles, vit bien qu'il s’étoit engagé dans uneaffaire assez lâcheuse, et d’autant plus fâcheuse queles monastères des religieuses n’ayant point étccoin-pris dans la dernière déclaration du roi sur le for-mulaire, il n’étoit pas en droit de les forcer à si-gner; mais excité par les instances continuelles du