OE ü V H JE S DIVERSES. 3 77infinité de ponts sur cette rivière. On remarquapourtant avec surprise que , dans le temps qu'ilfaisoit construire cette grande quantité de pontsde bois, il faisoit démolir tous les ponts de pierrequi se trouvoient sur la Mohaigne.
Une autre circonstance fit encore mieux voirqu’il n’avoit pas grande envie de combattre. Leroi, qui ne vouloit point qu’on engageât, d’unbord de rivière à l’autre, un combat où sa cava-lerie u’auroit point eu de part, manda au duc deLuxembourg de se retirer un peu en arrière, et delaisser le passage libre aux ennemis; et la chose futainsi exécutée. C’étoit en quelque sorte les défier,et leur ouvrir le champ pour donner bataille s’ilsvouloient. Mais le prince d’Orange demeura tou-jours dans son premier poste , tantôt s’excusantsur les pluies qui firent déborder la Méhaigne pen-dant deux jours, tantôt publiant qu’il feroit périrl’armée du maréchal sans la combattre , ou dumoins qu’il le réduiroit à décamper faute de sub-sistances.
11 forma néanmoins un projet qui auroit été dequelque éclat, s’il eût réussi. 11 détacha le comteSerclaës de Tilly avec cinq ou six mille chevauxdu côtédeHuy. Ce général, ayant pris encore danscette place un détachement considérable de l’in-fanterie de la garnison, passâ la Meuse, qu’il fitremonter à son infanterie, dans le dessein de couperle pont de bateaux qui étoit sous ÎVamur, et quifaisoit la communication de nos deux armées. Lui
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