5a LETTRES DE RACINEet toutes ces espérances sont tellement vagues,'qu’elles ne peuvent fournir des pensées solides.Mais je m’oublie ici, et je ne songe pas que je discela à un homme qui s’y entend mieux que moi. ISi je juge mal, et que mes pensées soient éloignéesdes vôtres, remettez cela sur la barbarie de cepays, et sur ma longue absence de Paris, qui,m’ayant séparé de vous, m’a peut-être entièrementprivé de la bonne connoissance des choses.
Je vous dirai pourtant encore qu’il y a un en-droit où j’ai reconnu M. Perrault; c’est lorsqu’ilparle de Josué, et qu’il amène là l’Écriture sainte.
Je lui ai dit une fois qu’il mettoit trop la Bible enjeu dans ses poésies; mais il me dit qu’il lalisoit fort, et qu’il ne pouvoit s’empêcher d’eninsérer quelqae passage. Pour moi je crois quela lecture en est fort bonne , mais que la citationconvient mieux àun prédicateur qu’à un poète.
Je vous envoie ma pièce 1 , dont on approuvele dessein et la conduite. Je n’ose dire qu'elle estbien, que vous ne me l’ayez mandé : écrivez-moi endétail ce quevous jugerez des Grâces, des Amours,et de toute la cour devenus qui y est dépeinte. Sivous la montrez, ne m’en dites point l’auteur ; monnom fait tort à tout ce que je fais : mais montrez-
1 Cest la pièce dont U est parle dans la lettre suivaute,et qu’il avoit intitulée tes Bains de Vénus, pièce trèsinconnue, et qu’il a sans doute supprimée dans la suite. i
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