A SES AMIS. 61
faut donner au premier, au second et au troisièmeservice , les entremets qu’il y faut mêler, et encorequelque chose de plus; car nous prétendons faireun festin à quatre services, sans compter le des-sert, J'ai la tête si remplie de toutes ces belleschoses, que je vous en pourrois faire un long en-tretien; mais c’est une matière trop creuse sur lepapier, outre que, n’étant pas bien confirmé danscette science , je pourrois bien faire quelque pasde clerc si j’en parfois encore long-temps.
Je ne vous prie plus de m’envoyer les LettresProvinciales. Nos moines sont de sots ignorants quin’étudient point du tout; aussi je ne les vois ja-mais, et j'ai conçu une certaine horreur pour cettevie fainéante de moines que je ne pourrai pas biendissimuler. Pour mon oncle, il est fort sage, forthabile homme, peu moine, et grand théologien.On parlebeaucoup d’un évêque qui est adoré danscette province; M. le prince de Conti 1 va faireses pâques chez lui.
Je vous dirai une petite histoire assez étrange.Une jeune fille d’Usez, qui logeoit assez près dechez nous, s’empoisonna hier elle-même avec del’arsenic, pour se venger de son père qui l'avoitquerellée trop rudement : du reste elle é toi t trèssage. Telle est l’humeur des gens de ce pays-ci ; ilsportent les passions jusqu’au dernier excès.
* Il étoit gouverneur du Languedoc,
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Racine. D.