1 4 3 LETTRES DE II A CINE
commander aux ouvrages à cornes qui couvrentle château de ce côté-ià. Ainsi le roi, outre les septbataillons de tranchée , avoit commandé deuxcents de ses mousquetaires, cent cinquante gre-nadiers à cheval, et quatorze compagnies d’autresgrenadiers, avec mille ou douze cents travailleurspour le logement qu’on vouloit faire ; et , pourmieux intimider les ennemis, il fit paroître tout àcoup sur la hauteur la brigade de son régiment,qui est encore composée de six bataillons. Il étoitlà en personne à la tête de son régiment, et don-noit ses ordres à la demi-portée du mousquet. Ilavoit seulement devant lui trois gabions, que lecomte de Fiesque, qui étoit son aide-de-camp dejour, avoit fait poser pour le couvrir. Mais cesgabions, presque tout pleins de pierres, étoientla plus dangereuse défense du monde; car un coupde canon qui eût donné dedans auroit fait unbeau massacre de tous ceux qui étoient derrière.Néanmoins un de ces gabions sauva peut-être lavie au roi, ou à Monseigneur, ou à Monsieur, quitous deux étoient à ses côtés ; car il rompit le coupd’une balle de mousquet qui venoit droit au roi,et qui, en se détournant un peu, ne lit qu’unecontusion au bras de M. le comte de Toulouse,qui étoit, pour ainsi dire , dans les jambes du roi.
Mais , pour revenir à l’attaque , elle se fit dansun ordre merveilleux. Il n’y eut pas jusqu’auxmousquetaires qui ne firent pas un pas plus qu’onne leur avoit commandé. A la vérité r M. de