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Tome V.
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i5a LETTRES DE RACINEsuite il le fit dîner avec lui , puis lui fit voir touteson armée. Après quoi il le congédia, en lui disant:« Je vous rends votre liberté; allez trouver M. leprince d’Orange, et dites-lui ce que vous avezvu. » On a su aussi, par un rendu, qu’un de nossoldats s’étant allé rendre aux ennemis, le princed’Orange lui demanda pourquoi il avoit quittél’armée de M. de Luxembourg : « C’est, dit le sol-dat, qu’on y meurt de faim; mais, avec tout cela,ne passez pas la rivière, car assurément ils vousbattront. >>

Le roi envoya hier six mille sacs d’avoine et cincjcents bœufs k l’armée de M. de Luxembourg : et,quoi qu’ait dit le déserteur , je vous puis assurerqu’on y est fort gai, et qu’il s’en faut bien qu’on ymeure de faim. Le général a été trois jours sans mon-ter à cheval, passant le jour à jouer dans sa tonte.

Le roi a eu nouvelle aujourd’hui que le baron deSerclas, avec cinq ou six mille chevaux de l’arméedu prince d’Orange, avoit passé la Meuse à Huy,comme pour venir inquiéter le quartier de M. deBoufïlers. Le roi prend ses mesures pour le bienrecevoir.

Adieu, monsieur. Je vous manderai une autrefois des nouvelles de la vie que je mène, puisquevous en voulez savoir.i Faites , je vous prie,part de cette lettre à M. de La Chapelle, si voustrouvez qu’elle en vaille la peine. Vous me ferezmême beaucoup de plaisir de l’envoyer a mafemme quand vous l’aurez lue; car je n’ai pas le