Band 
Tome V.
Seite
226
JPEG-Download
 

saG LETTRES DE RACINEvous êtes fort attaché à bien faire, mais sur-tout quevous craignez Dieu, et que vous prenez bien duplaisir à le servir. C’est la plus grande satisfactionque je puisse recevoir, et en même temps la meil-leure fortune que je vous puisse souhaiter. J’espèreque plus vous irez en avant, plus vous trouverezqu’il n’y a de véritable bonheur que celui-là.J'approuve la manière dont vous distribuez votretemps et vos études : je voudrois seulement qu'auxjours que vous n'allez point au collège vouspussiez relire votre Cicéron, et vous rafraîchir lamémoire des plus beaux endroits ou d llorace oude Virgile , ces auteurs étant fort oropres à vousaccoutumer à penser et à écrire avec justesse etnetteté.

Vous direz à votre mère que le pauvre M. Sigura eu la jambe coupée, ayant eu le pied emportéd’un coup de canon. Sa femme, qui l’avoit épousépour sa bonne mine, a employé la meilleure partiede son bien à lui acheter une charge ; et dès lapremière année il lui en coûte une jambe. 11 a euun grand nombre de ses camarades tués ou blessés,je clis des officiers de la gendarmerie; mais en ré-compense la victoire a été fort grande , et on enapprend tous les jours de nouvelles circonstancestrès avantageuses. On fait monter la perte -desennemis à près de dix mille morts.

J’ai vu les drapeaux et les étendards qu'a en-voyés M. deCatinat.et je vous conseille de les allervoir à Notre-Dame. H y a cent deux drapeaux, e»