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Tome V.
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îïS LETTRES DE RACINE

Votre sœur aînée se plaint de vous , et elle âraison ; elle dit qu'il y a phis de quatre mois qu’ellen'a reçu de vos nouvelles. Il me semble que vousdevriez un peu répondre à l’amitié sincère que jelui vois pour vous : une lettre vous coûteroit-elletant à écrire ? Quand vous devriez ne l’entretenir,que de vos petites sœurs , vous lui feriez le plusgrand plaisir du monde. Vous avez raison de meplaindre du déplaisir que j’ai de voir souffrir silong-temps un des meilleurs amis que j'aie aumonde r . J’espère qu’à la fin ou la nature Ou lesremèdes lui donneront quelque soulagement. J’aila consolation d’entendre dire aux médecins qu ilsne voient rien à craindre pour sa vie ; sans quoije vous avoue que je serois inconsolable.

Comme vous êtes curieux de nouvelles, je vou-drois en avoir beaucoup à vous mander. Je n’cnsais que deux jusqu’ici qui doivent faire beaucoupde plaisir : l’une est la prise presque certaine deCharleroi; l’autre est la levée du siège de Bel-grade. Quand je dis que cette nouvelle doit faireplaisir, ce n’est pas qu’à parler bien chrétiennementon doive se réjouir des avantages des infidèles;mais l'animosité des Allemands est si grandecontre nous, qu’on est presque obligé de remer-cier Dieu de leurs mauvais succès, afin qu’ils soientforcés de faire leur paix avec la France, et de con-

M. Nicole,