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Tome V.
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LETTRES DE RACINE

N'oubliez point vos études, et cultivez contî*nuellement votre mémoire , qui a grand besoind’être exercée. Je vous demanderai compte à monretour de vos lectures, et sur-tout de l’histoire deF rance, dont je vous demanderai à voir vos extraits.

Vous savez ce que je vous ai dit des opéras etdes comédies : on en doit jouer à Marly. Il esttrès important pour vous et pour moi-même qu’onne vous y voie point, d'autant plus que vous êtesprésentement à Versailles pour y faire vos exer-cices , et non point pour assister à toutes ces sortesde divertissements. Le roi et toute la cour saventle scrupule que je me fais d'y aller; et ils auvoienttrès méchante opinion de vous, si, à l’âge oùvous*êtes, vous aviez si peu d’égard pour moiet pour mes sentiments. Je devrois avant touteschoses vous recommander de songer toujours àvotre salut , et de ne point perdre l’amour queje vous ai vu pour la religion. Le plus grand dé-plaisir qui puisse m’arriver au monde, c’est s’il merevenoit que vous êtes un indévot et que Dieuvous est devenu indifférent. Je vous prie de rece-voir cet avis avec la même amitié que je vous ledonne. Adieu, mon cher fils: donnez-moi souventde vos nouvelles.