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Tome V.
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a5G LETTRES DE RACINEplus tard «Ile étoit morte. Votre mcre est venuetout éperdue, et lui a jeté quelques poignées desel dans la bouche; on l’a baignée d’esprit de vinet de vinaigre; mais elle a été plus d’une grandedemi-heure entre nos bras dans le meme état, etnous n’attendions que le moment qu’elle alloitétouffer. Nous avons vite envoyé chez 1VI. Maré-chal , il 11 ’y étoit point. A laün, à force de latourmenter, et de lui faire avaler par force, tantôtdu vin, tantôt du sel, elle a vomi une quantitéépouvantable d’eaux qui lui étoient tombées ducerveau dans la poitrine ; elle a pourtant été deuxheures entières sans revenir à elle, et il n'y aqu'une heure à peu près que la connoissance luiest revenue. Elle m’a entendu dire à votre mèreque j’allois vous écrire;elle m’a prié de vous fairebien ses compliments : c’est en quelque sorte lapremière marque de connoissance qu’elle nous adonnée. Je vous assure que vous auriez été aussiému que nous l’avons tous été. Madelon en estencore tout effrayée , et a bien pleuré sa sœurquelle croyoit morte.

Je vais demain à Port-Royal, d’où j’espère ra-mener votre sœur aînée. Ce sera encore un autrespectacle fort triste pour moi ; et il y aura bien deslarmes versées h cette séparation. Nous avons jugéquelle n’avoit point d’autre parti h prendre qu'àrevenir avec nous, sans aller de couvent en cou-vent; du moins elle aura le temps de rétablir sasanté, qui s’est fort affoiblic par les austérités du