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Tome V.
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aGo LETTRES DE RACINEque j’avois depuis si long-temps de faire dos re-mèdes. J’en ai donc commencé quelques uns. Vosdeux petites sœurs prenoient hier médecine peu- 1dant qu’on me saignoit ; et il fallut que votre mèreme quittât pour aller forcer Fanchon à avaler samédecine : elle a toujours été un peu incommodée jdepuis son catarrhe. Je lui ai lu votre lettre; elle futfort touchée de l’intérêt que vous preniez à sa ma- |ladie, et du soin que vous preniez de lui donnerdes conseils de si loin; elle ne fait plus autre chosedepuis ce temps-là que de se moucher, et fait unbruit comme si elle vouloit que vous l’entendis-siez et que vous vissiez combien elle fait cas devos conseils.

Votre sœur aînée est d’une humeur fort douce :j’ai tout sujet detre édifié de sa conduite et de sagrande piété ; mais elle est toujours fort farouche.Elle pensa hier rompre en visière avec'une personnequi lui faisoit entendre, par manière de civilité,qu’il la trou voit bien faite ; et je fus obligé meme,quand nous fûmes seuls , de lui en faire une petiteréprimande. Elle voudroit ne bouger de sa chambreetnc voir personne; du reste elle est assez gaie avecnous, et prend grand soin de ses petites sœurs etde son petit frère. Mais voilà assez vous parler denotie ménage.

Vous ne serez pas fort affligé d’apprendre queR... huissier de la chambre, a été mis à la bastille,et qu’on lui a ordonné de se défaire de sa charge.

Scs confrères seront fort aises d'être délivrés de