a8» LETTRES DE RACINEtendu le pain bénit: si vous n’étiez pas si loin,ellevous auroit envoyé de la brioche.
LETTRE XXXVI.
Paris , x août 1698*
IjAdernière lettre que je vous ai écrite étoit si lon-gue que vous ne trouverez pas mauvais que celle-ci soit fort courte. Il ne s’est rien passé de nouveauque la querelle queM. lcGrand-Prieur a voulu avoiravec M. le prince de Conti à Meudon. Il s'est tenuoffensé de quelques paroles tre3 peu offensantes quoM. le prince de Conti avoit dites ; et le lendemain,sans qu'il fût question de rien, il l’est venu abor-der dans la cour de Meudon, lê chapeau sur la têteet enfoncé jusqu'auxyeux, comme s’il vouloit tirerraison de lui. M. le prince de Conti lui fit souve-nir du respect qu’il lui devoit. M. le Grand-Prieurlui répondit qu'il nÇ lui en devoit point. M. leprince de Conti lui parla avec toute la hauteur eten même temps avec toute la sagesse dont il estcapable. Comme il y avoit du monde, cela n’eutpoiut d’autre suite; mais Monseigneur, qui sut lachose un roplhent après, et qui se sen ti t irrité contreM. le Grand-Prieur., envoya M. le marquis deGêvres pour cndonneravis au roi; et le roi sur-le-champ envoya chercher M.dePontchartrain,àquiil- donna ses ordres pour envoyer M. le Grand-