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Tome V.
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sSS LETTRES t)E RACINE

J’ai pensé vous marier vôus-même, sans qnovous en sussiez rien, et il s’en est peu fallu que lachose n’ait été engagée : mais quand c’est venu aufait et au prendre, je n’ai point trouvé l’affairéaussi avantageuse qu’elle le paroissoit : ellepourra l’étre dans vingt ans; et cependant vousauriez eu à souffrir, et vous n’auriez pas été fort àvotre aise. Je n’aurois pourtant rien fait sans avoirvotre approbation. Ceux de mes amis que j’ai con-sultés m’ont dit que c’étoit vous rompre le cou,et empêcher peut-être votre fortune que de vousmarier 9i jeune, en vous donnant un établissementsi médiocre, dont les espérances ne sont que dansvingt ans. Je ne vous aurois rien mandé de toutcela si ce^n’étoit qub j’ai voulu vous faire voitcombien je songe à vous. Je tâcherai de faire ensorte que vous sojez content de nous, et nousvous aiderons en tout ce que nous pourrons ; c’esta vous de votre côté h. vous aider aussi* vous-même en continuant à vous appliquer. Je vousmanderai une autre fois, pour vous divertir, ledétail de l’affaire. Tout ce que je vous puis dire,t'est que vous ne connoissez pas la personne dontil s’agissoit, et que vous ,ue l’avez jamais vue:c’est même une des raisons qui m’a fait aller brideen main, puisqu'il est juste que votre goût soitaussi consulté. J’ai été témoin dans tout cela del’extrême amitié que votre mère a pour vous, etvous ne sauriez en avoir trop de reconnoissance.

Vous n’êtcs pas le seul à qui il arrive des mal-