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des demeures fixes, devait absorber les peuplades errantesdes Tartares. Etat héréditaire, le Grand-Duché devait pré-valoir tôt ou tard sur les États électifs de Pologne et de Li-vonie.
1462-1505, Iwan III. — Il opposa à la grande hordel’alliance des Tartares de Crimée, aux Lithuaniens celle duprince de Moldavie et de Yalachie, de Mathias Corvin et deMaximilien. — Il divisa Plescow et Novogorod, qui ne pou-vaient lui résister qu’en faisant cause commune, affaiblitsuccessivement cette dernière république, s’en rendit maî-tre en 1477, etl’épuisa en enlevant ses principaux citoyens.Fort de l’alliance du khan de Crimée, il imposa un tributaux Kazanais, refusa celui que payaient ses prédécesseursà la grande horde, qui fut bientôt détruite par les TartaresNogaïs [1480]. Iwan réunit Twer, Yéréia, Rostof, Yaros-laf. Il fit longtemps la guerre aux Lithuaniens; mais Alexan-dre, ayant réuni la Lithuanie à la Pologne, s’allia avec leschevaliers de Livonie; et le tzar, qui, depuis la destructionde la grande horde, avait moins ménagé ses alliés de Mol-davie et de Crimée, perdit tout son ascendant: il fut battuà Plescow par Plettemberg, maître des chevaliers de Li-vonie [1501], et l’année même de sa mort [1505], Kasan serévolta contre les Russes.
Iwan prit le premier le titre de tzar. Ayant obtenu du papela main de Sophie Paléologue, réfugiée à Rome, il mit dansses armes le double aigle de l’empire grec. — Il attira et re-tint par force des artistes grecs et italiens. — Le premier,il assigna des fiefs aux enfants boyards, sous la conditiond’un service militaire; il introduisit quelque ordre dans lesfinances, établit les postes, réunit dans un code [1497j lesanciennes institutions judiciaires, et voulut en vain distri-buer aux enfants boyards les domaines du clergé. — Iwanavait fondé Iwangoroden 1492 où fut depuis Pétersbourg),lorsque les victoires de Plettemberg fermèrent aux Russespour deux siècles le chemin de la Raltique. (Voy. Karam-sin, passim.)