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§ II. — Jusqu’à la mort de Henri IV. Coup d’œil surla situation des puissances belligérantes.
Mayenne.—Combat d’Arques.—Bataille d’Ivri, 1590. —États de Paris,1593. — Abjuration et absolution d’Henri IV, 1593-1595. — Édit deNantes.—Paix de Vervins, 1598.— Épuisement de l’Espagne; expul-sion des Maures de Valence, 1609. — Administration d'Henri IV ; ri-chesse de la France.—Assassinat d’Henri IV, 1610.
Philippe II, repoussé de la Hollande et de l’Angleterre,tournait toutes ses forces contre la France; le duc deMayenne, frère de Guise, non moins habile, mais moins po-pulaire, ne pouvait balancer l’or et les intrigues de l’Espagne.
Dès que la nouvelle de la mort de Guise parvint à Paris,le peuple prit le deuil, les prédicateurs tonnèrent ; on tendaitde noir les églises ; on plaçait sur les autels les images du roien cire, et ou les perçait d’aiguilles. Mayenne fut créé chefde la Ligue, les Etats nommèrent quarante personnes pourgouverner. Bussi-Leclerc, devenu, de maître d armes et deprocureur, gouverneur de la Bastille, y conduisit la moitiédu Parlement. Henri III n’eut d’autre ressource que de sejeter dans les bras du roi de Navarre : tous deux vinrentassiéger Paris. Ils campaient à Saint-Cloud, lorsqu’un jeunemoine, nommé Clément, assassina Henri III d’un coup decouteau dans le bas-ventre. La duchesse de Montpensier,sœur du duc de Guise, qui attendait la nouvelle sur la route,l’apporta la première, presque folle de joie. On offrit dansles églises l’image de Clément à l’adoration du peuple; samère, pauvre paysanne de Bourgogne, étant venue à Paris,la foule se porta au-devant d’elle en criant : Heureux le seinqui vous a portée et les mamelles qui vous ont allaitée!( 1589 .)
Henri IV, abandonné de la plupart des catholiques, futbientôt serré de près par Mayenne, qui se faisait fort de l’a-mener aux Parisiens pieds et poings liés. Déjà on louait des