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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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dres, 1605]. D’un autre côté, l’Ecosse ne voyait pas avecplus de plaisir ses tentatives pour la soumettre au culte an-glican. Jacques, livré à des favoris, se mettait par sa pro-digalité, dans la dépendance du parlement, en même tempsqu’il l’irritait par le contraste de ses prétentions et de sa fai-blesse.

La gloire d’Élisabeth avait été d’élever la nation à sespropres yeux; le malheur des Stuarts fut de l’humilier.Jacques abandonna le rôle d’adversaire de l’Espagne et dechef des protestants en Europe. II ne déclara la guerre àl’Espagne qu’en 1625, et malgré lui. Il fit épouser à son filsune princesse catholique (Henriette de France).

A l’avénement de Charles I er [1625], le roi et le peuplene savaient pas eux-mêmes à quel point ils étaient déjàétrangers l’un à l’autre. Tandis que le pouvoir monarchiquetriomphait sur le continent, les communes anglaises avaientacquis une importance inconciliable avec l’ancien gouverne-ment. L’abaissement de l’aristocratie sous les Tudors, la di-vision des propriétés, la vente des biens ecclésiastiques, lesavaient enrichies et enhardies par le sentiment de leur force.Elles cherchaient des garanties politiques. Les institutionsqui pouvaient les leur donner existaient déjà; elles avaientété respectées par les Tudors qui s’en faisaient un instru-ment. Mais il fallait un mobile aussi puissant que l’intérêtreligieux pour rendre la vie aux institutions. La réformepresbytérienne, ennemie de la réforme anglicane, trouvaitle trône entre elle et l’épiscopat. Le trône fut attaqué.

Le premier parlement chercha à obtenir, par le retard dessubsides, le redressement des griefs publics [1625]. Le se-cond en accusa l’auteur dans la personne du duc de Buc-kingham, favori du roi [1626]. Pendant la durée de cesdeux assemblées, les guerres malheureuses d’Espagne et deFrance ôtèrent au gouvernement ce qui lui restait de popu-larité. La seconde avait pourtant été entreprise pour secourirles protestants et délivrer La Rochelle [échec de Buckinghamdans l’île de Rhé, 1627 ], Le troisième parlement, ajournanttoute contestation particulière, demanda, dans la pétition