que leurs souverains ne peuvent entretenir. (Voyez plushaut les armées de Charles-Quint dans les guerres d’Italie.)Elles vivent aux dépens du pays et le ruinent. Le paysanruiné se fait soldat et se vend au premier venu. La guerre,se prolongeant, forme ainsi des armées sans patrie, une forcemilitaire immense, qui flotte dans l’Allemagne et encourageles projets les plus gigantesques des princes et même des par-ticuliers.
L’Allemagne redevient le centre de la politique euro-péenne. La première lutte de la Réforme contre la maisond’Autriche s’y renouvelle, après soixante ans d’interruptionToutes les puissances y prennent part.
L’Europe semble devoir être bouleversée ; cependant onn’aperçoit qu’un changement important : la France a suc-cédé à la suprématie de la maison d’Autriche; mais l’in-fluence de la Réforme n’est plus sensible désormais, et letraité de Westphalie commence un nouveau monde.
Soit crainte des Turcs, soit modération personnelle desprinces, la branche allemande do la maison d’Autriche sui-vit, dans la seconde moitié du xvi e siècle, une politiquetout opposée à celle de Philippe IL La tolérance de Febdi-n*nd ! er et de Maximilien II favorisa les progrès du pro-testantisme dans l’Autriche, dans la Bohème et dans laHongrie; on soupçonna même Maximilien d’être protestantdans le cœur [1555 -1576]. Le faible Rodolphe II, qui luisuccéda, n’eut ni sa modération, ni son habileté. Pendantqu’il s’enfermait avec Tycho-Brahé pour étudier l’astrolo-gie et l’alchimie, les protestants de Hongrie, de Bohême etd’Autriche, faisaient cause commune. L’archiduc Mathias,frère de Rodolphe, les favorisa, et força l’Empereur de luicéder l’Autriche et la Hongrie [1607-1609].
L’Empire n’était pas moins agité que les Etats hérédi-taires de la maison d’Autriche. Aix-la-Chapelle et Bona-werth, où les protestants s’étaient rendus les maîtres, furentmises au ban do l’Empire. L’électeur archevêque de Co-logne, qui voulait séculariser ses États, fut dépossédé.