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liance du duc de Savoie lui assure les passages de l'Italie.Entamée du côté des Pays-Bas, la France gagna en Italieplus de gloire que d’avantage réel. Mais les Hollandais sesalliés détruisirent la marine espagnole à la bataille desDunes [1639]. Bernard de Weimar prit les quatre villesforestières, Fribourg et Brisach, sous les murs desquellesil remporta quatre victoires. Il oubliait que la France luiavait acheté d’avance scs conquêtes. Il allait se rendre in-dépendant, lorsqu'il mourut aussi à propos pour Richelieuque Waldstein pour Ferdinand.
Tout devint favorable aux Français du moment que lesoulèvement de la Catalogne et du Portugal réduisit l’Es-pagne à une guerre défensive [1640]. La maison de Bra-gance monta sur le trône de Portugal aux applaudissementsde l’Europe. Les Français, vainqueurs en Italie, prirent auxPays-Bas Arras et Thionville. Le grand Condé gagna labataille deRocroi cinq jours après l’avénement de LouisXl V;heureux présage de ce grand règne, qui rassura la Francoaprès la mort de Richelieu et de Louis XIII.
La guerre avait alors changé de caractère pour la secondefois. Au fanatisme de Tilly et de son maître Ferdinand II,au génie révolutionnaire des Waldstein et des Weimar,avaient succédé d’habiles tacticiens, un Piccolomini, unMerci, généraux de l’empereur, et les élèves de Gustave-Adolphe, Banner, Torstenson, Wrangel. La guerre étantun métier pour tant de gens, la paix devenait de plus enplus difficile. La France, tout occupée de couvrir ses con-quêtes de Lorraine et d’Alsace, refusait de se joindre auxSuédois pour accabler la maison d'Autriche. Torstenson crutun instant vaincre sans le secours des Français. Ce généralparalytique, qui étonnait l’Europe par la rapidité de ses ma-nœuvres, avait renouvelé à Leipzick la gloire de Gustave-Adolphe [1642] ; il avait frappé dans les Danois les amissecrets de l’Empereur; l’alliance du Transylvain lui per-mettait de pénétrer enfin en Autriche [1645]. La défectiondu Transylvain et la mort de Torstenson sauvèrent l’Em-pereur.