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daises, au roi de l’argent pour ses fêtes et ses maîtresses.La jeune et séduisante duchesse d’Orléans, belle-sœur deLouis XIV, sœur de Charles II, négocia dans un voyagetriomphal la honte de son frère. C’est celle qui mourut sijeune, si regrettée, pour qui Corneille et Racine firent cha-cun une Bérénice, et Bossuet la fameuse oraison funèbre.
Cependant l’armée de Louis XIV avait été portée à centquatre-vingt mille hommes. Elle recevait de Louvois laplus formidable organisation. Pour la première fois la baïon-nette, cette arme si terrible entre des mains françaises, futmise au bout du fusil. L’infatigable génie de Colbert avaitcréé une marine. La France, obligée naguère d’emprunterdes vaisseaux à la Hollande, en eut cent en 1672. Cinq ar-
witx : Les Vénitiens perdent ia Morée; l’Empereur gagne Temeswar,Belgrade et une partie de la Valachie et de la Servie.
États du Nord, Charles XII et Pierre le Grand. 1648-1725.
La Suède, qui, depuis Gustave-Adolphe, joue un rôle au-dessus de sesforces réelles, a la suprématie, et tend à l’empire du Nord. Charles-Gus-tave, moins politique que guerrier, ne parvient qu’à lui assurer les côtesde la Baltique. Après lui, le sénat qui gouverne, vend ses secours à làFrance, et compromet la gloire militaire de la Suède. — Réunie de nou-veau sous le pouvoir monarchique, la Suède redevient conquérante, etréalise un moment, sous Charles Xlt, tous les projets de Charles-Gustave.Mais elle retombe, épuisée par ses efforts héroïques, à la place que safaiblesse et la grandeur de la Russie lui marquent désormais. — Le Da-nemark semble profiter moins que la Suède à l’établissement du pouvoirabsolu. 11 voit passer la suprématie du Nord, de la Suède à la Russie,comme auparavant de la Pologne â la Suède. Mais ce qui lui importe leplus, c’est que toute autre puissance que la Suède soit prépondérante dansla Baltique. — La Pologne reçoit dans sa constitution de nouveaux élé-ments d’anarchie. Elle a besoin d’un législateur; Jean Sobieski n’cst qu'unhéros. L’éclat nouveau dont elle brille sous lui appartient tout entier ausouverain. Avec le dix-huitième siècle commence pour la Pologne unâge de dépendance des étrangers; les dissensions religieuses qui s’y déve-loppent doivent amener à la fin du siècle l’anéantissement de la Polo-gne, comme état indépendant. — La Russie n’ayant pas encore une orga-nisation régulière, ne peut agir puissamment au dehors. Elle cèded’abord à la Suède, mais prend sur la Pologne un ascendant qui doit