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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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les Français et les Anglais, et venait ranger sa flotte triom-phante dans la plaine inondée dAmsterdam. Puis Guil-laume arma contre la France, lEspagne et lAutriche. Ildétacha lAngleterre de Louis XIV, Charles II fut forcé parson parlement, de signer la paix. Les voisins catholiques dela Hollande, l'évêque de Munster, lélecteur de Cologne,puis le Brandebourg, puis le Danemarck, puis lEmpire,lEurope entière, se déclarèrent contre Louis XIV [1674].

11 fallut bien alors abandonner les places de Hollande, ilfallut reculer. Les dédommagements furent pris, comme àlordinaire, aux dépens de lEspagne. Louis XIV semparade la Franche-Comté, qui depuis est restée à la France.Aux Pays-Bas, Condé plus faible de vingt mille hommes,livrait au prince cette furieuse bataille de Senef. Condé vain-quit, mais cétait une victoire pour le prince dOrange da-voir, à perte égale, tenu devant Condé. Sur le Rhin, Tu-renne, qui selon Bonaparte, crût toujours daudace envieillissant, tenait en échec tout lEmpire. Deux fois il sauvalAlsace, deux fois il pénétra en Allemagne. Cest alorsque, sur un ordre de Louvois, le Palatinat fut incendié. LePalatin était secrètement allié avec lEmpereur ; on voulutne laisser quun désert aux impériaux.

Turenne, rentrant en Allemagne, allait porter un coupdécisif, lorsquil fut tué à Saltzbach [1675]. Condé maladese retira la même année.

On vit alors que le destin de la France ne tenait point àun homme. Les alliés qui la croyaient désarmée par la re-traite des deux grands généraux, ne purent entamer lafrontière du Rhin, et perdirent, dans les Pays-Bas, les placesde Condé, Bouchain, Aire, Valenciennes, Cambrai, Gand,Ypres. Duquesne, envoyé au secours de Messine, révoltéecontre lEspagne, livra à Ruyter, une terrible bataille na-vale en vue de lEtna; les alliés seuls y perdirent douzevaisseaux, six galères, sept mille hommes, sept cents piècesde canon, et ce qui valait plus que tout cela, Ruyter. Du-quesne anéantit léur flotte dans une seconde bataille [1677].

Les alliés souhaitèrent la paix alors; la France et la Hol-