( 251 )
les Français et les Anglais, et venait ranger sa flotte triom-phante dans la plaine inondée d’Amsterdam. Puis Guil-laume arma contre la France, l’Espagne et l’Autriche. Ildétacha l’Angleterre de Louis XIV, Charles II fut forcé parson parlement, de signer la paix. Les voisins catholiques dela Hollande, l'évêque de Munster, l’électeur de Cologne,puis le Brandebourg, puis le Danemarck, puis l’Empire,l’Europe entière, se déclarèrent contre Louis XIV [1674].
11 fallut bien alors abandonner les places de Hollande, ilfallut reculer. Les dédommagements furent pris, comme àl’ordinaire, aux dépens de l’Espagne. Louis XIV s’emparade la Franche-Comté, qui depuis est restée à la France.Aux Pays-Bas, Condé plus faible de vingt mille hommes,livrait au prince cette furieuse bataille de Senef. Condé vain-quit, mais c’était une victoire pour le prince d’Orange d’a-voir, à perte égale, tenu devant Condé. Sur le Rhin, Tu-renne, qui selon Bonaparte, crût toujours d’audace envieillissant, tenait en échec tout l’Empire. Deux fois il sauval’Alsace, deux fois il pénétra en Allemagne. C’est alorsque, sur un ordre de Louvois, le Palatinat fut incendié. LePalatin était secrètement allié avec l’Empereur ; on voulutne laisser qu’un désert aux impériaux.
Turenne, rentrant en Allemagne, allait porter un coupdécisif, lorsqu’il fut tué à Saltzbach [1675]. Condé maladese retira la même année.
On vit alors que le destin de la France ne tenait point àun homme. Les alliés qui la croyaient désarmée par la re-traite des deux grands généraux, ne purent entamer lafrontière du Rhin, et perdirent, dans les Pays-Bas, les placesde Condé, Bouchain, Aire, Valenciennes, Cambrai, Gand,Ypres. Duquesne, envoyé au secours de Messine, révoltéecontre l’Espagne, livra à Ruyter, une terrible bataille na-vale en vue de l’Etna; les alliés seuls y perdirent douzevaisseaux, six galères, sept mille hommes, sept cents piècesde canon, et ce qui valait plus que tout cela, Ruyter. Du-quesne anéantit léur flotte dans une seconde bataille [1677].
Les alliés souhaitèrent la paix alors; la France et la Hol-