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L’on voit, pour la première fois, les hommes repousserl’or; la valeur des billets croit d’heure en heure. On s’é-touffe dans la rue Quincampoix, aux portes des bureaux oùl’on échange pour du papier ce métal incommode. Le régentdevient un des directeurs de l’entreprise, et se fait ban-quier. Cependant la confiance s’ébranle, cette religion dupapier a ses incrédules : il tombe rapidement. Malheur auxderniers possesseurs; d’étranges bouleversements s’opèrent,le riche devient pauvre, le pauvre riche. La fortune quijusque-là tenait au sol et s’immobilisait dans les familles,s’est, pour la première fois, volatilisée; elle suivra désor-
négociations et par ses armes; à cette occasion commence ce système desubsides par lequel elle achète la direction de la politique continen-tale. L’Autriche subsiste, et ne perd que trois provinces; mais elle estprofondément humiliée par la perte de la Silésie, et ne peut consentir àl’élévation du roi de Prusse, devenu avec l’Angleterre l’arbitre de l’Eu-rope. — 1740, Mort de l’empereur Charles VI, dernier mâle de la mai-son de Habsbourg-Autriche. Sa Pragmatique-Sanction, garantie par tousles États de l'Europe, assure sa succession à sa fille aînée, Marie-Thé-rèse, épouse de François de Lorraine, duc de Toscane, au préjudice desfilles de Joseph I r Les époux de ces princesses, Charles-Albert, élec-teur de Bavière (descendant de l'empereur Ferdinand I et Auguste II,électeur de Saxe, roi de Pologne, font valoir leurs droits à la successiond’Autriche. Philippe V, roi d’Espagne, réclame la Bohême et la Hongrie;Frédéric II, roi de Prusse, une partie de la Silésie; Charles-Emmanuel,roi de Sardaigne, le Milanais. La France, entraînée par les frères de Belle-isle, malgré le cardinal de Fleury, appuie les prétentions de ces diversespuissances. —Abandon de Marie-Thérèse; l’Angleterre encore sous leministère de Walpole, et occupée d’une guerre contre l’Espagne; la Suèdeengagée par les intrigues delà France dans une guerre malheureuse contrela Russie.—1740-1741, Le roi de Prusse envahit la Silésie, et gagne la ba-taille de Molwitz. 1741, l’électeur de Bavière et les Français s’emparentdelà haute Autriche, et envahissent la Bohême. 1742, L'électeur deBavière élu empereur sous le nom de Chaules VIL - Héroïsme deMarie-Thérèse. Dévouement des Hongrois à sa cause. Elle reçoit dessubsides de la Hollande etde l'Angleterre.1742, Chute du ministre pacifi-que Walpole. La Sardaigne se déclare pour Marie-Thérèse. Une escadreanglaise force le roi de Naples à la neutralité. La médiation de l’Angle-terre et la défaite de Czaslau décident Marie-Thérèse à céder la Silésieau roi de Prusse, qui se détache de la ligue; traité de Berlin. L’électeurde Saxe, roi de Pologne, suit l’exemple du roi de Prusse. 1743, L’armée